Manœuvres franco-marocaines près des frontières algériennes : Alger dénonce une provocation

Instrumentalisées par l’entité sioniste, Paris et Rabat poursuivent leurs provocations à l’égard d’Alger. Les tensions sont montées d’un cran après l’annonce de manœuvres militaires conjointes entre la France et le Maroc prévues en septembre 2025 à proximité de la frontière algéro-marocaine.
L’Algérie a vivement réagi, qualifiant « Chergui 2025 », de « provocation », dans un contexte régional déjà marqué par des enjeux sécuritaires complexes.
Face à cette nouvelle grave escalade de la partie française, Alger a opposé une réaction diplomatique ferme. Jeudi 6 mars 2025, le secrétaire général du ministère algérien des Affaires étrangères, Lounès Magramane, a reçu l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, pour exprimer l’inquiétude de l’Algérie. Selon un communiqué de la Diplomatie algérienne, Alger a mis en garde contre « la gravité » de ces exercices, dont le nom « évocateur » et la localisation à Er-Rachidia, ville marocaine située à moins de 200 km de la frontière algérienne, sont une menace directe. Le choix même du terme « Chergui », qui désigne un vent saharien chaud et sec, n’est pas dû au hasard. Pour Alger, ce nom symbolise une résurgence des tensions historiques, rappelant les périodes sombres entre les deux pays, notamment autour du conflit du Sahara occidental, où la France soutient la colonisation marocaine.
Dans un contexte de grave crise entre Paris et Alger, qui a éclaté le 31 juillet dernier après l’annonce de la décision du président Emmanuel Macron de reconnaître la colonisation du Sahara occidental, ces manœuvres constituent un « acte de provocation » à l’égard de l’Algérie. Le SG du département des Affaires étrangères a déploré qu’un « tel acte ne manquera pas d’alimenter la crise qui caractérise à présent les relations algéro-françaises et de porter le climat des tensions entre les deux pays à un seuil supérieur de gravité ». « Tout en demandant à l’Ambassadeur de France d’obtenir les clarifications nécessaires à ce sujet », le Secrétaire général a invité ce dernier à transmettre, à sa hiérarchie, « la position de l’Algérie telle qu’elle lui a été exprimée », conclut la même source communiqué.
La proximité géographique des manœuvres « Chergui 2025 » avec la frontière algérienne ravive les menaces contre l’Algérie de la part du couple franco-marocain à la solde de l’entité sioniste.
Escalade
Le timing et le lieu choisis pour ces manœuvres militaires alimentent l’indignation à Alger. Cette manœuvre provocatrice s’inscrit dans un climat de crise croissante entre Paris et Alger. Dans une région où les équilibres sont précaires, l’escalade verbale et ces manœuvres militaires aux frontières, interviennent après les visites récentes de hauts responsables français au Sahara occidental occupé, ce qui a été perçu à Alger comme des provocations. La ministre française de la Culture, Rachida Dati, et le président du Sénat, Gérard Larcher, se sont rendus l’un après l’autre dans les territoires sahraouis occupés, dans une conjoncture de tensions extrêmes entre les deux Etats. Les relations entre l’Algérie et la France restent marquées par une escalade de provocations menées par la partie française qui instrumentalise une rente électorale interne. De son côté, le Makhzen, fort de l’appui de l’entité et de certains pays du Golfe, continue de s’attaquer à l’Algérie à travers des guerres hybrides. Un axe tripartite, composé de la France, du Maroc et de l’entité sioniste, s’emploie ainsi à tenter de déstabiliser l’Algérie via des manœuvres militaires, des campagnes médiatiques numériques de propagande visant à manipuler l’opinion publique et d’autres moyens de déstabilisation. Divers moyens sont employés dans cette guerre : campagnes de désinformation, narcotrafic, exploitation de la migration clandestine…
En réponse aux provocations parisiennes, Alger a multiplié les signes de distancement vis-à-vis de Paris, notamment en renforçant ses partenariats avec l’Italie, la Russie et la Chine dans le domaine économique. Alger pourrait durcir davantage sa posture, par exemple en suspendant des partenariats économiques notamment énergétiques bilatéraux, si Paris ne renonce pas à ses plans provocateurs de basse échelle. L’Algérie dispose de tous les atouts pour faire face à ces menaces et préserver sa stabilité et sa sécurité.
G. Salima
