12 morts et 24 blessés en une matinée : Nouvelle hécatombe routière à Tiaret et Constantine

12 personnes ont perdu la vie et 24 autres ont été blessées en l’espace de quelques heures jeudi, dans deux accidents de la circulation distincts survenus à Tiaret et à Constantine, prolongeant une série noire routière qui frappe l’Algérie depuis le début du mois d’août.
Ce nouveau bilan tragique intervient moins d’une semaine après les drames de Boumerdès et de Timimoun, qui avaient à eux seuls coûté la vie à plus de 30 personnes.
Dans les faits, la Protection civile est intervenue jeudi 06 août à 15h24 à la suite d’une collision entre un véhicule léger et un camion sur le chemin de wilaya n°2, dans la commune de Chehaima, daïra d’Aïn Deheb. Le bilan provisoire fait état de six morts et deux blessés, pris en charge par quatre ambulances et un camion de secours mobilisés sur place. Selon le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, les autorités locales de la wilaya se sont immédiatement rendues sur les lieux pour superviser les opérations d’évacuation, tandis que les blessés ont été transférés vers l’établissement public hospitalier d’Aïn Deheb. Les services de sécurité compétents ont ouvert une enquête afin de déterminer les causes et les circonstances exactes de l’accident.
Quelques heures plus tôt, à 5h19, un premier drame s’est joué sur la RN-79 menant à Mila, dans la commune et daïra d’Ibn Ziad. Un autobus assurant apparemment un transport de personnel a dérapé avant de se renverser et de chuter dans un ravin, faisant six morts et 22 blessés selon le dernier bilan de la Protection civile. Deux camions de sauvetage et dix ambulances ont été déployés pour secourir les victimes, évacuées vers les structures hospitalières avoisinantes, notamment le CHU Ibn Badis où les autorités locales se sont enquises des conditions de prise en charge, avec des instructions données pour garantir un accompagnement sanitaire et psychologique aux blessés jusqu’à leur rétablissement complet. Là aussi, une enquête a été ouverte pour établir les circonstances exactes du sinistre.
Ces deux accidents raniment le souvenir de la tragédie survenue le 31 juillet dernier sur la RN-24, près de Boumerdès, où le renversement d’un autobus en provenance de Sétif avait fait 28 morts et 36 blessés.
La riposte des pouvoirs publics
L’enquête préliminaire confiée à la Gendarmerie nationale, sous l’autorité du parquet général de Boumerdès, avait révélé des éléments accablants : le bus circulait à 121,63 km/h dans une descente limitée à 60 km/h, tandis que le véhicule transportait 64 personnes pour une capacité légale de 51 passagers, conducteur compris.
Les analyses biologiques effectuées sur le chauffeur, décédé dans l’accident, avaient par ailleurs confirmé qu’il se trouvait sous l’emprise de plusieurs substances stupéfiantes au moment des faits.
Moins de 24 heures après ce drame, un deuxième accident avait frappé la wilaya de Timimoun : une collision entre un autocar assurant la liaison Batna-Adrar et un camion, survenue vers 5h54 sur la RN-51, avait fait quatre morts et 43 blessés selon le bilan actualisé de la Protection civile. Les autorités avaient là encore ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de la collision.
Dans le cas de Boumerdès, le parquet général avait précisé agir conformément à l’article 19 du code de procédure pénale, en confiant les investigations à la police judiciaire de la Gendarmerie nationale, avec l’assurance que des mesures légales seraient prises « avec toute la fermeté voulue » à l’encontre des responsables identifiés.
Face à cette accumulation de drames, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé mercredi dernier une réunion de coordination consacrée notamment à la sécurité routière. Il y a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre sans délai les dispositions du nouveau code de la route relatives au dépistage systématique de l’alcool et des stupéfiants chez les conducteurs, un enjeu qui prend un relief particulier après les conclusions de l’enquête sur l’accident de Boumerdès. Le ministre a également ordonné le renforcement des campagnes de sensibilisation aux nouvelles règles de circulation, tout en évoquant l’accélération du programme de renouvellement du parc de transport, qui prévoit l’acquisition de 10 000 autobus. Un chiffre qui prend, lui aussi, une résonance particulière alors que trois autocars ont déjà été impliqués dans des accidents mortels en l’espace d’une semaine.
G. Salima
