Vidéo controversée visant des enfants : Trois ans de prison ferme requis

Trois années de prison ferme assorties d’une amende de 300 000 dinars : c’est la peine requise par le procureur de la République près le tribunal de Boufarik à l’encontre du dénommé S. Anouar, poursuivi pour discours discriminatoire visant des enfants, atteinte à la vie privée de mineurs et incitation à la haine. L’affaire, qui a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux depuis le début du mois d’août, doit connaître son épilogue judiciaire dans les prochains jours.
L’affaire remonte au 3 août 2026, lorsque le Parquet près le tribunal de Boufarik avait annoncé, dans le cadre de la lutte contre les infractions commises via les réseaux sociaux, avoir repéré une publication contenant des propos jugés extrémistes, contraires aux bonnes mœurs, et véhiculant un discours discriminatoire incitant à la haine contre les enfants en raison de leur tenue vestimentaire. L’enquête préliminaire avait permis d’identifier l’auteur du contenu, connu comme créateur de contenu, qui s’en était pris à une fillette dont la tenue avait suscité sa réprobation publique, provoquant une vague d’indignation et le qualifiant, pour certains internautes, de propos à caractère pédophile déguisé en mise en garde.
Présenté devant le parquet le jour même, il avait été poursuivi selon la procédure de flagrance pour les délits de discrimination et d’atteinte à la vie privée d’un enfant par le biais de publications susceptibles de lui porter préjudice, conformément aux articles 2 et 31 de la loi n°20-05 relative à la prévention et à la lutte contre la discrimination et le discours de haine, ainsi qu’à l’article 140 de la loi n°15-12 relative à la protection de l’enfant. Il avait été placé en détention provisoire dans l’attente de son procès, initialement programmé pour le 5 août.
C’est dans ce contexte que le procureur de la République a requis, à l’audience, une peine de trois ans de prison ferme et une amende de 300 000 dinars à l’encontre du mis en cause, poursuivi pour les chefs de diffusion d’un discours discriminatoire contre les enfants, d’atteinte à leur vie privée et de diffusion d’un discours de haine. Face au tribunal, l’intéressé a assuré ne pas avoir eu l’intention d’insulter qui que ce soit, affirmant au contraire encourager tout ce qui touche à la protection de l’enfance et justifier son intervention par une inquiétude sincère quant au bien-être de la fillette visée.
Signe de la gravité accordée à cette affaire, la défense de l’Organe national de protection et de promotion de l’enfance s’est constituée partie civile dans le dossier, une démarche qui illustre la mobilisation des instances dédiées à l’enfance face à la multiplication des contenus jugés préjudiciables aux mineurs sur les réseaux sociaux.
Ch.G

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