Lutte contre le diabète: Quelle stratégie pour une pathologie en progression en Algérie ?

A l’Institut de formation paramédicale M’Hamed Ben Souna de Tiaret, s’est tenue, mardi dernier, une journée de formation scientifique placée sous le signe de l’engagement contre le diabète. Organisée par le ministère de la Santé, en collaboration avec Novo Nordisk Algérie, cette rencontre a rassemblé des médecins généralistes venus de neuf wilayas de l’Ouest, ces praticiens de première ligne qui incarnent la proximité avec les patients.
Dans un programme dense et précis, un panel d’experts a passé en revue les grands axes de la prise en charge du diabète : de l’insulino-résistance à l’éducation thérapeutique, en passant par la gestion des complications et les spécificités liées au mois de Ramadhan. L’occasion aussi de dévoiler la troisième édition du Guide de bonnes pratiques en diabétologie, présenté comme une véritable référence. « Un outil exhaustif, qui rassemble diagnostic, dépistage, traitement et suivi des complications, mais aussi les fondements de l’éducation thérapeutique », explique le Pr Belhadj, chef du service de médecine interne au CHU d’Oran. Il annonce déjà un futur guide de poche, pensé pour la pratique quotidienne.
Le Pr Baghous, endocrinologue au CHU d’Oran, a tiré, quant à lui, la sonnette d’alarme : « Le diabète de type 2, cette pandémie silencieuse, n’épargne pas l’Algérie. En 20 ans, sa prévalence a doublé, atteignant 14,4 %. » Les chiffres sont glaçants : cécité, amputations, dialyse… autant de drames qu’une prise en charge précoce et une meilleure coordination entre médecins généralistes et spécialistes pourraient prévenir. « Changer les habitudes alimentaires, promouvoir l’activité physique, éduquer les patients : voilà les clés », insiste-t-il.
Sous le slogan « Diabète et bien-être », la wilaya de Tiaret a vu se multiplier les initiatives : dépistages à Ksar Chellala, sensibilisation à Tiaret, et, dès le 21 novembre, le retour de la clinique mobile « Changing Diabetes ». Ce projet pionnier, fruit d’un partenariat public-privé lancé en 2011, s’est affirmé comme un acteur majeur dans les zones reculées. En treize ans, elle a mené plus de 42 campagnes, dépisté 61 000 patients et permis à des milliers de diabétiques d’accéder à un suivi spécialisé.
Le Dr Djamila Nadir, chargée des maladies non transmissibles au ministère, souligne l’importance de cette démarche pluridisciplinaire. « Il s’agit de dépister précocement les complications cardiovasculaires et la rétinopathie, principales causes de décès et de cécité chez les diabétiques. Chaque consultation est une occasion d’éduquer et de prévenir. »
Lutter contre le diabète ne se limite pas à soigner. C’est un combat global qui touche à la santé publique, à l’éducation, et même aux modes de vie. Novo Nordisk, fidèle à sa mission depuis un siècle, s’inscrit dans cette dynamique, mêlant avancées scientifiques et initiatives de terrain. À Tiaret, comme ailleurs, l’espoir réside dans une prise de conscience collective et des actions concrètes. Le chemin est tracé, mais le combat, lui, est loin d’être terminé.
T. Feriel
