Bir El-Djir : Les défis du transport public

Dans la périphérie d’Oran, les habitants des quartiers en pleine expansion, comme Belgaïd, se heurtent quotidiennement à des défis liés aux transports publics. Si ces zones connaissent un essor démographique et économique sans précédent, leurs infrastructures de mobilité ne semblent pas suivre le même rythme.
Avec la construction de nouveaux ensembles résidentiels et universitaires, Belgaïd est devenu un pôle attractif, abritant notamment l’Université des sciences et technologies Mohamed-Boudiaf (USTO-MB). De son côté, des quartiers de Bir El-Djir voient une augmentation continue de la population. Malgré cette croissance, les lignes de transport public reliant ces quartiers au centre-ville d’Oran ou aux zones économiques clés, comme Es-Sénia, restent limitées.
Les bus, principal mode de transport collectif dans ces zones, souffrent de nombreux problèmes : retards, vétusté des véhicules et, surtout, une insuffisance de navettes en heures de pointe. Ce constat pousse une grande partie des habitants à se tourner vers des solutions alternatives comme les taxis clandestins ou les covoiturages improvisés, souvent plus coûteux et moins sécurisés.
Pour Faïza, une étudiante de 21 ans habitant à Belgaïd, le quotidien est marqué par l’incertitude : « Si je rate le bus de 7h30, je n’ai aucune garantie d’arriver à l’heure pour mon premier cours. Les taxis clandestins sont une option, mais à quel prix ?»
Dans un contexte où les salaires moyens restent modestes, l’augmentation des dépenses liées au transport devient un fardeau pour beaucoup.
À Bir El-Djir, un père de famille confie : « Pour aller travailler au port d’Oran, je dois partir une heure à l’avance. Entre les embouteillages et l’attente d’un bus, ma journée commence et finit dans l’épuisement».
Les autorités locales ont lancé des projets pour améliorer la situation, notamment avec l’ajout de nouvelles lignes de bus et des discussions autour d’un système de tramway qui inclurait Belgaïd et Bir El-Djir. Cependant, ces initiatives peinent à voir le jour ou à répondre aux besoins réels de la population.
Des appels à une meilleure coordination entre les APC et les entreprises de transport se multiplient, mais les contraintes budgétaires freinent leur mise en œuvre. En attendant, des solutions privées, comme les plateformes de covoiturage, commencent à émerger, mais elles restent peu accessibles aux plus modestes.
O.N
