Une traversée clandestine avortée près de Cap Blanc: De trois à dix ans de prison ferme pour les accusés

Le tribunal criminel d’Oran a prononcé en fin de semaine passée des peines de trois à dix ans de prison ferme contre 12 éléments d’un réseau international d’émigration clandestine, condamnés par ailleurs pour blanchiment d’argent. Parmi les accusés quatre ressortissants marocains et un Espagnol en état de fuite qui, lui, a écopé de 20 ans de réclusion criminelle par contumace.
Les faits de cette affaire remontent à mars 2023 lorsque les garde-côtes ont remis aux éléments de la gendarmerie d’El-Ançor six personnes, dont des ressortissants marocains, interceptés en mer alors qu’ils tentaient de quitter le territoire national. Une opération qui a failli tourner au drame lorsqu’un bateau battant pavillon espagnol a tenté d’empêcher l’arraisonnement de l’embarcation dans laquelle ils se trouvaient en venant percuter le bateau des garde-côtes. De même qu’ils ont refusé de se rendre obligeant les gardes côtes à des tirs de sommation.
Lors de cet affrontement, un des passagers de l’embarcation clandestine a tout de même été touché à la jambe. Le blessé, K. Sidi Mohamed, sera arrêté en compagnie des douze autres personnes qui tentaient de rallier les côtés européennes.
Les Marocains expliqueront être entrés sur le sol algérien par avion après avoir transité par la Tunisie. Ils sont descendus à l’aéroport Houari Boumediene et ont été pris en charge par un réseau très bien structuré qui les a emmenés à Oran, ville à partir de laquelle ils envisageaient de traverser vers l’Espagne. Ils diront avoir payé leur voyage 8 millions de dirhams alors qu’ils se trouvaient encore au Maroc. Une fois à Oran, le dénommé El Hadj les a hébergés dans une habitation à Akid Lotfi. Le 12 mars, ils ont été emmenés à la plage de Cap Blanc où une embarcation les a récupérés pendant la nuit. Quelques instants après le départ, ils seront interceptés par les garde-côtes.
Parmi les témoignages intéressants, celui de K. Sidi Mohamed, l’Algérien qui a été blessé, qui expliquera qu’il résidait en Espagne et travaillait dans le secteur de la pêche quand, trois mois avant les faits, un de ses amis dénommé Abdeslam, qui se trouvait avec lui en Espagne, lui avait présenté un Espagnol répondant au nom de M.E. Francisco. L’homme avait l’habitude de transporter des migrants entre l’Espagne et l’Algérie à bord d’un bateau de plaisance, et avait besoin d’aide pour ces opérations.
Aide qu’il se proposait de rémunérer à sa juste valeur, avait précisé Abdeslam. Offre que Sidi Mohamed n’a pas pu refuser. Il ajoutera qu’en date du 12 mars 2023, ils ont commencé à naviguer vers la côté algérienne pour récupérer les candidats à l’émigration avant d’être pris en chasse par les éléments sécuritaire près de Cap Blanc. Alors qu’il a été blessé, l’Espagnol réussira à prendre la fuite.
A la barre du tribunal criminel, les accusés maintiendront leurs précédentes déclarations. Le représentant du ministère public requerra vingt ans de réclusion criminelle contre l’ensemble des accusés alors que la défense plaidera pour les circonstances atténuantes en insistant sur les conditions socio-économiques difficiles des accusés qui aspiraient simplement à une meilleure qualité de vie en Europe.
Zemmouri L.
