Sansal, PLF 2026, réformes politiques… : Le MSP se montre critique
Réuni ce jeudi sous la présidence du chef du parti, Abdelali Hassani Cherif, le Bureau exécutif national du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) a passé en revue les derniers développements politiques, économiques et sociaux du pays. À l’issue de cette réunion, la formation islamo-conservatrice a publié un communiqué dans lequel elle exprime ses positions sur plusieurs dossiers sensibles.
Le MSP a pris acte de la décision de grâce accordée à l’écrivain Boualem Sansal, tout en soulignant le climat délicat dans lequel elle intervient : tensions algéro-françaises, débat sur les libertés, et médiatisation internationale. Sans remettre en cause le principe de la grâce, le Mouvement a appelé à plus de transparence pour dissiper les malentendus et éviter les clivages. Il a plaidé, à ce propos, pour une approche élargie et équitable des libertés et des mesures de clémence, incluant toutes les personnes ayant exprimé leurs opinions de manière pacifique, notamment celles en situation de vulnérabilité sanitaire ou symbolique. Le MSP a insisté sur la nécessité de préserver les constantes nationales et de rejeter toute instrumentalisation culturelle ou idéologique qui porterait atteinte à la mémoire collective ou favoriserait des récits coloniaux.
Par ailleurs, le Mouvement s’est dit préoccupé par le manque de rigueur et de vision stratégique dans le projet de loi de finances 2026. Il a déploré, en effet, une approche budgétaire jugée «traditionnelle » et déconnectée des exigences du cadre organique 18-15, qui impose une logique de performance et d’objectifs mesurables. Le MSP a critiqué également la dépendance persistante aux revenus pétroliers, qu’il considère comme une menace pour les générations futures. Il a appelé à une véritable diversification économique, estimant que le projet actuel se limite à gérer le déficit plutôt qu’à créer de la richesse. Le parti politique a alerté aussi sur les risques d’aggravation des charges fiscales pour les citoyens et les entreprises, dans un contexte de hausse de l’inflation et d’érosion du pouvoir d’achat. Il a regretté l’absence de mesures concrètes pour améliorer les services publics, accélérer la transition numérique ou cibler efficacement les transferts sociaux.
Le MSP a exhorté également les autorités à accélérer la publication des textes relatifs aux réformes politiques, en élargissant le dialogue avec les forces vives du pays. Il a plaidé pour un climat propice à une participation politique réelle et au renforcement de la confiance citoyenne.
Sur le plan international, le Mouvement a réaffirmé son soutien au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, conformément à la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Il a condamné toute tentative d’imposition par la force et met en garde contre les conséquences du processus de normalisation avec Israël, qu’il considère comme une menace pour la stabilité maghrébine.
Le MSP a suivi également avec inquiétude les crises en cours au Soudan et au Mali, appelant à la protection des civils, à l’arrêt des violences, et à des solutions endogènes loin de toute ingérence étrangère. Il a appelé, en outre, à une coordination régionale renforcée pour faire face aux défis sécuritaires, notamment le terrorisme et les trafics transfrontaliers.
Enfin, il a réitéré son soutien total au peuple palestinien, dénonçant les violations répétées du cessez-le-feu par Israël et les tentatives de liquidation de la résistance. Il a insisté sur le caractère inaliénable des droits du peuple palestinien, rejetant toute tentative d’imposer un fait accompli par la force.
M. Salah
