Tribunal criminel : 10 ans de réclusion pour deux faussaires

Cinq mis en cause, dont deux se trouvant sous mandat de dépôt, ont comparu devant le tribunal criminel de première instance pour falsification de billets de banque. Suite aux délibérations, les accusés incarcérés ont été condamnés à dix ans de réclusion criminelle, alors que les trois autres ont été relaxés.
Les faits remontent au 7 avril 2025, lorsque des informations sont parvenues à la sûreté urbaine de Haï Essanaoubar concernant un réseau de trafiquants de faux billets. Ces derniers, selon ces mêmes sources, s’apprêtaient à mettre en circulation une importante somme d’argent contrefait, en faisant coïncider cette opération avec l’Aïd el-Adha, une période propice pour l’écoulement de liquidités sur le marché. Il est à noter que ce réseau avait déjà utilisé des billets falsifiés dans le cadre du trafic de stupéfiants.
L’enquête a abouti à la localisation et à l’identification d’un des suspects, A.N., qui résidait dans le bidonville de Kouchet El Djir et utilisait son domicile pour fabriquer les faux billets. Toujours selon les informations recueillies, sa mère, A.S., l’aidait dans l’écoulement des billets, sachant qu’il utilisait un véhicule de marque Maruti, conduit par un certain B.M., pour transporter et diffuser cet argent falsifié. Placés sous surveillance, ces trois individus ont été arrêtés à Haï Essanaoubar, et dix billets de 1 000 dinars ont été saisis sur B.M.
Conduite à la sûreté urbaine du quartier, la mère du premier mis en cause a fini par sortir un sachet en plastique qu’elle cachait sous ses vêtements. Ce dernier contenait la somme de 395 000 dinars, soit 110 faux billets de 2 000 DA et 105 autres coupures falsifiées de 1 000 DA.
Au moment de leur arrestation, A.N., et B.M., ont résisté, tentant de prendre la fuite. Interrogé sur les faits, le principal suspect les a reconnus, déclarant que l’argent saisi lui appartenait. Il a précisé qu’en voyant les policiers, il avait demandé à sa mère de cacher le sachet, insistant sur le fait qu’elle ignorait tout de ses activités.
Quant aux 10 000 DA remis à B.M., il a avoué que c’était pour les écouler, ajoutant qu’il vendait 10 000 DA en faux billets contre un vrai billet de 2 000 DA.
Il a expliqué falsifier lui-même les coupures à l’aide d’un micro-ordinateur et d’une imprimante, avec l’aide d’un ami. Ce dernier, face aux accusations, n’a pu nier les faits.
À la barre du tribunal criminel, les mis en cause ont maintenu leurs déclarations, le premier prévenu tentant à nouveau de décharger sa mère. Le parquet a requis 20 ans de réclusion criminelle, tandis que la défense a plaidé les circonstances atténuantes pour les uns et la non-culpabilité pour les autres.
Zemmouri L.

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