Macron : “Se fâcher avec l’Algérie est absurde”

En déplacement dans l’Ariège le 27 avril 2026, Emmanuel Macron s’est montré particulièrement virulent contre ceux qui prônent une rupture avec Alger. Interrogé sur la situation des praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue), dont une large proportion est issue d’Algérie, il a dénoncé « les mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie », rappelant implicitement l’importance stratégique de ce partenaire.
Cette sortie s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions récurrentes entre Paris et Alger. Depuis la crise diplomatique de 2021-2022, déclenchée par la réduction des visas et des propos jugés offensants, les deux capitales ont alterné entre confrontation et rapprochement. En 2023, un apaisement relatif s’est opéré avec la reprise du dialogue et la signature d’accords de coopération, notamment dans le domaine énergétique. Mais dès 2024, une partie de la droite française, incarnée par Bruno Retailleau, a dénoncé la « faiblesse » de Paris face à Alger, tandis que l’extrême droite, à l’image de Jordan Bardella, promettait un bras de fer diplomatique. À l’inverse, Laurent Nuñez, nommé ministre de l’Intérieur, avait défendu une ligne plus pragmatique, estimant que la brutalité n’était pas une solution.
Macron, en reprenant cette logique, réaffirme que la relation avec l’Algérie ne peut être réduite à un affrontement idéologique. Au-delà des polémiques, la coopération reste vitale : l’Algérie est un fournisseur énergétique clé, un acteur sécuritaire incontournable dans la région sahélienne et un pays dont les liens humains avec la France sont profonds, notamment à travers la diaspora et les praticiens de santé. En dénonçant les partisans du conflit, Macron cherche à repositionner la relation sur une base de rationalité et d’intérêt mutuel, tout en rappelant que l’histoire complexe entre les deux pays impose une gestion fine, loin des slogans politiques.
T. Feriel
