Affaire des 22,80 kg de cocaïne: 17 ans de réclusion pour trois accusés
Le tribunal criminel de première instance d’Oran a condamné trois individus à 17 ans de réclusion criminelle. Les mis en cause étaient poursuivis pour détention, stockage, transport et commercialisation de drogues dures au sein d’une organisation criminelle organisée.
L’affaire remonte au 28 novembre 2024. Agissant sur des renseignements précis, les services de lutte contre les stupéfiants de la 2ème Région militaire ont intercepté T.H., au volant d’un véhicule. La fouille minutieuse de la voiture a permis de découvrir 22,80 kg de cocaïne, astucieusement dissimulés à l’intérieur du réservoir à gaz.
L’enquête a rapidement révélé que le véhicule appartenait à un certain A.A. Ce dernier a été appréhendé peu après à l’aéroport Ahmed Ben Bella en compagnie d’un complice, H.Y., alors qu’ils arrivaient de Tindouf et s’apprêtaient à quitter l’aérogare en taxi.
Lors des premiers interrogatoires, le transporteur, T.H., est passé aux aveux. Il a expliqué avoir été contacté par A.A., pour acheminer la marchandise depuis le Sud. Selon son récit, la transaction s’est opérée dans une zone isolée de la localité d’Oued Mihoune (Tindouf). La drogue aurait été livrée par deux inconnus à bord d’un véhicule tout-terrain.
A.A. aurait alors ordonné à T.H. de rester en contact permanent durant le trajet vers Oran, promettant de lui communiquer les coordonnées du destinataire final une fois arrivé. Pour ce convoyage, le chauffeur devait toucher 20 millions de centimes.
Le principal instigateur, A.A., a reconnu lors de l’instruction qu’il ne s’agissait pas de son coup d’essai. S’il affirmait que ce transport de cocaïne était une première, il a avoué avoir précédemment convoyé d’importantes sommes d’argent issues du narcotrafic entre Béchar et Tindouf.
Cependant, à la barre, le ton a changé. Si le transporteur a maintenu ses déclarations, affirmant même avoir accepté de collaborer avec les services de sécurité pour piéger le client final, ses deux co-accusés ont tenté de se rétracter.Le représentant du ministère public, soulignant la gravité des faits et l’impact dévastateur de ces substances, avait requis vingt ans de réclusion à l’encontre des trois prévenus.
La défense de T.H. a sollicité les circonstances atténuantes, évoquant une situation sociale précaire. Les avocats de A.A. et H.Y. ont, quant à eux, plaidé l’acquittement.
Zemmouri L.
