Les chiffres de l’ANIE contestés: Imbroglio autour des résultats de la présidentielle

S’il ne fait aucun doute sur l’issue de la présidentielle avec la réélection de Abdelmajid Tebboune pour un second mandat, les chiffres données par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) posent problème.

Ainsi, les directions de campagne des trois candidats à la présidentielle du 7 septembre 2024 ont rendu public, ce dimanche, un communiqué commun dans lequel elles font état « d’imprécisions, de contradictions, d’ambiguïtés et d’incohérences » relevées dans les chiffres lors de l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE).
« Nous soussignées, directions de campagne des trois candidats à la présidentielle du 7 septembre 2024, Aouchiche Youcef, candidat du Front des forces socialistes (FFS), Tebboune Abdelmadjid, candidat indépendant, et Hassani Cherif Abdelaali, candidat du Mouvement de la société pour la paix (MSP), informons l’opinion publique nationale que des imprécisions, des contradictions, des ambiguïtés et des incohérences ont été relevées dans les chiffres lors de l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections », lit-on dans le communiqué.
Le texte cite, en particulier, « des imprécisions et des contradictions dans les chiffres des taux de participation annoncés et des contradictions entre les chiffres annoncés par le président de l’Autorité et les procès-verbaux de dépouillement et de concentration des voix remis par les commissions électorales communales et de wilaya ».
Les directions de campagne ont aussi relevé « l’ambiguïté du communiqué d’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle, qui ne comportait pas la plupart des données essentielles des communiqués d’annonce des résultats, comme il est d’usage dans toutes les échéances nationales importantes », faisant également état d' »une incohérence dans les taux annoncés pour chaque candidat ».

Les candidats accusent l’ANIE

Hier, c’était au tour de Abdelaali Hassani Cherif de monter au créneau. Le président du MSP a, en effet, remis en cause, lors d’une conférence de presse, les résultats avancés par l’ANIE. Le candidat a déclaré que son parti « ne reconnaît pas les résultats », notant que « les 170 000 voix qu’il a obtenues étaient falsifiés». Pour M. Hassani Cherif, cet état de fait le contraint, dit-il, « à faire appel à la Cour constitutionnelle pour reconsidérer et revoir les résultats », soulignant que les résultats avancés par l’ANIE étaient « préjudiciables au pays et à sa réputation », compte tenu, dit-il, « du contexte dans lequel nous vivons qui n’a pas besoin de plus de manipulations, mais d’un éveil des consciences ». Pis encore, le conférencier considère qu’« il y a des parties qui ont contribué à l’échec du processus électoral, à commencer par l’ANIE qui nous a habitué à être une autorité qui ne maîtrise pas un processus électoral », soulignant que cette autorité « participe avec ses pratiques et ses erreurs à tuer l’espoir des Algériens ».
Pour sa part, Youcef Aouchiche, a, à son tour, remis en cause, hier lors d’une conférence de presse, les résultats avancés par l’ANIE. Le président du FFS a déclaré que « les chiffres faussés avancés par l’ANIE ne concordent pas avec les procès-verbaux présentés par les centres de vote au profit des représentants des candidats. Cela s’inscrit en porte-à-faux avec la volonté populaire ».
Epinglant l’autorité que préside Mohamed Charfi, le candidat a révélé que « des chiffres ont été gonflés dans certains bureaux de vote à des taux inacceptables. La responsabilité entière incombe à l’ANIE, censée garantir la crédibilité et la transparence du processus électoral, devant ces dérapages dangereux et qui nous rappelle les pratiques qui déshonorent l’image de l’Algérie ».
« Nous informons l’opinion publique national que nous nous réservons le droit de prendre toutes les mesures réglementaires pour préserver le choix et la volonté des électeurs et nous demandons l’ouverture d’une enquête approfondie pour situer les responsabilités pour que de pareilles pratiques ne se reproduisent plus lors des prochaines échéances électorales ».
S.O

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