Ras El Aïn : 1.120 familles relogées

Au-delà des embouteillages, c’est désormais l’accès au transport qui devient un défi quotidien pour de nombreux habitants de la corniche oranaise.
Chaque fin d’après-midi, particulièrement à partir de 17 heures, et plus encore les week-ends, la liaison entre Oran et Aïn El-Turck connaît une situation devenue presque routinière : la raréfaction des taxis réguliers laisse progressivement la place au transport clandestin, où sont pratiqués des tarifs nettement supérieurs au tarif habituellement appliqué.
À la station de taxis située à proximité de Sonelgaz, point de départ habituel vers les communes de la corniche oranaise, le même scénario se répète presque chaque jour. Au fil de l’après-midi, les taxis réguliers se font progressivement plus rares, jusqu’à disparaître presque totalement à certaines heures. Les usagers, souvent contraints de rejoindre leur domicile après leur journée de travail, se retrouvent alors à recourir à des véhicules exerçant en dehors du cadre réglementaire.
Cette pénurie favorise le développement d’un marché parallèle où les règles habituelles ne s’appliquent pas. Alors que le tarif pratiqué en taxi collectif est généralement de 100 dinars par passager, des transporteurs clandestins appliquent des tarifs pouvant atteindre 300 dinars par personne, soit trois fois le tarif habituellement pratiqué. Pour de nombreux usagers, cette hausse représente une charge supplémentaire, notamment lorsqu’elle se répète plusieurs fois par semaine.
La situation est aggravée par les importantes perturbations de la circulation enregistrées depuis plus d’un mois à la suite de la fermeture de la route traversant Mers El-Kébir. Les automobilistes sont désormais contraints d’emprunter la corniche supérieure, seul itinéraire de substitution, où les ralentissements sont devenus quotidiens, particulièrement en fin de journée et durant les périodes de forte affluence.

Des réflexes qui ont la peau dure

Cette déviation a profondément modifié les conditions d’exploitation de cette liaison, l’une des plus fréquentées de la corniche oranaise. L’allongement des temps de parcours réduit le nombre de rotations que peuvent assurer les taxis réguliers, ce qui contribue à accentuer les difficultés de desserte observées en soirée.
Les répercussions dépassent la seule question du transport. Salariés, étudiants, commerçants et familles sont confrontés à des temps d’attente parfois importants, sans garantie de trouver un véhicule disponible au tarif réglementé. Plusieurs usagers décrivent une situation dans laquelle l’offre de transport devient insuffisante précisément aux heures où la demande atteint son maximum.
Selon plusieurs usagers, cette situation, loin d’être ponctuelle, s’est installée dans la durée. Ils estiment que les contrôles ne permettent pas d’endiguer le développement du transport clandestin, tandis que l’organisation de la desserte ne semble pas pleinement adaptée aux contraintes temporaires engendrées par les travaux et les déviations routières.
Au-delà des difficultés de circulation, cette situation met en évidence les limites de l’organisation actuelle du transport entre Oran et la corniche oranaise. Elle relance également la question de la capacité du réseau de transport à maintenir une desserte régulière lorsque des circonstances exceptionnelles viennent perturber les conditions de circulation.
En attendant la réouverture de la route de Mers El-Kébir, de nombreux usagers espèrent la mise en place de mesures transitoires permettant d’assurer une desserte plus régulière, de limiter le recours au transport clandestin et de garantir le respect des tarifs réglementés.
Khaled B.

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