Importation des moutons de l’Aïd: 41 suspects, 13 mandats de dépôt délivrés

Quarante et un suspects déférés devant la justice, treize mandats de dépôt délivrés et un système de fraude qualifié de « profond » touchant à la fois la santé publique et les deniers publics : c’est le bilan dévoilé par le procureur général près la cour d’Alger, lors d’une conférence de presse, sur les irrégularités entachant l’opération d’importation des moutons destinés au sacrifice de l’Aïd El-Adha 2026.
Cette annonce judiciaire s’inscrit dans le prolongement direct des instructions données par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui avait ordonné, lors de la réunion du Conseil des ministres du dimanche 7 juin 2026, l’ouverture d’une enquête sur l’ensemble des insuffisances ayant marqué cette opération d’importation d’un million de têtes ovines, notamment sur les volets liés à l’organisation et à la distribution.
Sur le volet sanitaire, le procureur général a fait état d’un dépassement caractérisé de la réglementation en vigueur. Des symptômes et des maladies vétérinaires contagieuses ont été détectés sur les cheptels importés, dont l’entrée sur le territoire national avait pourtant été validée sur la base d’un rapport établi par une commission de trois vétérinaires basée au port de Béjaïa.
Le magistrat a également détaillé le volet financier du dossier. Les investigations ont mis au jour des manœuvres de contournement des règles régissant les marchés publics, avec une orientation dirigée des contrats vers un réseau restreint de bénéficiaires. Des procès-verbaux d’ouverture des plis ont par ailleurs été falsifiés au sein de l’Algérienne des viandes rouges (ALVIAR), l’organisme public chargé de l’opération d’importation.
Au terme de cette double instruction, 41 personnes ont été présentées devant les juridictions compétentes. Plusieurs chefs d’accusation ont été retenus à leur encontre, parmi lesquels le trafic d’influence et le blanchiment d’argent. Le juge d’instruction a ordonné le placement en détention provisoire de 13 mis en cause, les autres suspects étant soumis au régime du contrôle judiciaire.
Le procureur général a tenu à souligner que toute atteinte à cette opération constitue une atteinte aux deniers publics et à la confiance du citoyen, assurant que les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des personnes impliquées et d’établir les responsabilités.
G. Salima
