Crime à Hassi Ben Okba: Les auteurs de nouveau devant les juges
Suite aux appels interjetés conjointement par le ministère public et la défense des accusés, l’affaire du drame de Hassi Ben Okba – un homicide déguisé en simple accident de la circulation – a été renvoyée devant le tribunal criminel d’appel. En première instance, les principaux mis en cause avaient été condamnés à des peines de sept et 15 ans de réclusion criminelle, tandis que leurs complices écopaient respectivement de 18 mois de prison ferme et d’un an avec sursis.
Les faits remontent au 4 mai 2024. Alertée par la brigade d’Oran, la Gendarmerie nationale de Hassi Ben Okba est intervenue sur les lieux d’un grave accident sur la RN 46, reliant Hassi Bounif à Hassi Ben Okba. Sur place, les enquêteurs ont découvert une voiture de marque Renault Clio et une motocyclette fortement endommagées. Les deux occupants du deux-roues avaient déjà été évacués vers l’établissement hospitalier universitaire (EHU) du 1er-Novembre, alors que le conducteur du véhicule léger avait pris la fuite.
Sur les lieux du drame, le dénommé S.A. s’est spontanément présenté aux gendarmes. Prétendant être le passager de la Clio au moment des faits, il a affirmé que le chauffeur, un certain B.O., avait perdu le contrôle du véhicule après un dépassement dangereux effectué par un tiers roulant à contresens, percutant ainsi la moto.
Toutefois, la version de S.A. s’est rapidement effondrée lors de son audition. Intrigués par le fait qu’il ne présentait aucune séquelle physique malgré la violence de l’impact, les gendarmes ont également remarqué que sa veste était maculée de sang. Confondu par ces éléments, l’individu est revenu sur ses déclarations, niant finalement avoir été à bord du véhicule au moment de la collision. Il prétendra alors avoir été informé du crash par un ami et s’être rendu sur place uniquement pour alerter les secours.
Interpellé à son tour et confronté à ces éléments, le conducteur principal, B.O., a reconnu son implication tout en persistant à évoquer un tragique accident de la route. Il a justifié son délit de fuite par la crainte de représailles de la part des proches des victimes.
L’instruction a pris un tournant décisif grâce au témoignage du passager de la moto, seul rescapé du drame – le pilote ayant succombé à ses blessures. Échappant par miracle à la mort malgré de multiples fractures et contusions, la victime qui a survécu a formellement chargé l’automobiliste. Selon son récit, B.O. les a délibérément percutés une première fois à l’entrée de Hassi Ben Okba. Une fois le deux-roues à terre, l’accusé a repassé sciemment sur eux avec son véhicule. « C’est à ce moment-là que j’ai perdu connaissance », a-t-il confié aux enquêteurs.
Ces révélations ont été corroborées par un autre coaccusé, B.A., également appréhendé dans le cadre de l’enquête. Ce dernier a confirmé le caractère volontaire de l’acte, révélant qu’un différend antérieur opposait B.O. au conducteur de la motocyclette.
Face à la gravité des faits, le ministère public a requis la peine de réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre de B.O. et de B.A., et une peine de trois ans de prison ferme contre les deux autres prévenus. Le verdict de la juridiction d’appel est attendu à l’issue des délibérations.
Zemmouri. L
