Plages de la corniche: Le stationnement informel, un fléau

À Oran, le chemin vers la plage commence parfois bien avant le sable : il débute par une place de stationnement. En plein été, lorsque les familles prennent la direction de la corniche, la voiture devient presque un deuxième défi des vacances. Trouver une place à proximité du littoral peut transformer quelques centaines de mètres en véritable parcours urbain.

La pression est particulièrement visible autour des secteurs balnéaires de la façade ouest, notamment vers Aïn El-Turck, les Andalouses, Cap Falcon et Madagh, où l’affluence estivale se concentre.
Cette année, les autorités ont justement placé l’organisation des parkings autorisés parmi les mesures accompagnant l’ouverture de la saison estivale à Oran. L’objectif affiché est de permettre aux estivants de profiter du littoral dans de meilleures conditions, tout en maintenant l’accès gratuit aux plages.
A Oran, l’enjeu, à l’entrée des plages, est, aussi, de gérer les flux : faire entrer les véhicules, éviter les blocages, préserver les accès aux secours et empêcher que le stationnement anarchique ne transforme les abords des plages en extensions improvisées des parkings.
Car lorsqu’une voiture est garée sur un passage, sur un trottoir ou trop près d’un accès, ce n’est pas seulement une question de confort pour le conducteur suivant. C’est potentiellement un espace de circulation perdu pour les piétons et, surtout, pour les véhicules d’intervention.
Le dispositif de sécurité est d’ailleurs particulièrement important sur le littoral oranais. 32 plages surveillées font l’objet du dispositif de secours de la Protection civile durant cette saison estivale.

Frustration

Le paradoxe de l’été est là : tout le monde cherche quelques mètres de plus près de la mer, alors que la meilleure organisation consiste parfois à accepter de laisser sa voiture plus loin pour éviter de bloquer tout un espace.
Le tarif officiel du stationnement dans les parkings autorisés est fixé à 100 DA par véhicule, tandis que l’accès aux plages reste gratuit. Sur le terrain, cette règle contraste toutefois avec l’existence de stationnements non autorisés autour de certains secteurs balnéaires, où des sommes de 200 à 500 DA peuvent être réclamées aux automobilistes pour la journée. Ces montants ne correspondent pas à un tarif public : ils relèvent du stationnement informel et ne doivent donc pas être confondus avec les tarifs réglementés.
Cette différence de prix peut rapidement peser sur le budget d’une famille qui se rend à la plage en voiture, particulièrement lorsque le stationnement devient incontournable dans les zones très fréquentées.
À l’heure où Oran veut renforcer son attractivité touristique, le stationnement devient ainsi un indicateur discret mais révélateur de la qualité de l’accueil. Une plage peut être propre, surveillée et équipée ; si l’accès devient chaotique dès le matin, l’expérience du visiteur commence déjà par une frustration.
Et demain, lorsque la saison estivale sera terminée, une question restera : Oran aura-t-elle simplement géré le stationnement de l’été, ou aura-t-elle commencé à réfléchir à une véritable politique durable de mobilité autour de son littoral ?
O.A Nadir

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