Ce que j’en pense: Pascal Praud, l’insecte

Par Moncef Wafi

Pascal Praud est au journalisme ce qu’est la karantika à la gastronomie française. Son rapport à l’honnêteté intellectuelle possède le charisme d’une méduse desséchée qui s’est échouée sur le rivage de Pinica. Officiant sur CNews, une chaine poubelle comme il en existe d’ailleurs chez nous, et elles sont nombreuses, il n’a pas trouvé mieux que de résumer l’actualité parasitaire française à la présence des émigrés.
Le présentateur vedette de « L’heure des pros », l’émission chère à l’extrême droite sioniste, s’est tout bonnement demandé si le déploiement de cet insecte en France pouvait avoir un lien avec l’immigration. « Est-ce que ce sont ces personnes qui n’ont pas les mêmes conditions d’hygiène que ceux qui sont sur le sol de France qui les apportent ? », s’est interrogée cette langue de vipère.
Une question, aux forts relents de racisme, qui a choqué les Français, pas tous ne vous inquiétez pas ; les racistes, les xénophobes et les extrémistes de tous bords ne l’ont pas encore quitté ; mais qui n’est pas nouvelle dans le traitement de l’information du gars et de ses chroniqueurs à l’image de l’hystérique Élisabeth Lévy ou encore du loufoque Gilles-William Goldnadel, faux intellectuels et vrais chiens de garde du Temple de Salomon.
Cette association d’idées implicite, qui veut qu’il existe un lien entre des insectes nuisibles et l’insalubrité des migrants ; vendue par celui qui a été rossé un jour par le défunt Tapie ; suffit à expliquer ces raccourcis terribles et dangereux pris pour justifier ce qui va de travers. Insécurité, chômage, religiosité, l’immigration est accusée ouvertement d’être responsable de tous les maux sociétaux, l’exposant à la vindicte populaire.
Ce sont des propos pareils qui alimentent le feu des extrêmes et qui précipitent la violence hors de son fourreau. Des marionnettes comme ce Pascal Praud existent en France, contribuant à décomplexer le discours raciste, sous le fallacieux prétexte de la liberté d’expression et d’informer, en invitant dans leurs prime-times les têtes d’affiche des partis de l’extrême droite. Sans filtre, ils participent à cette prise de pouvoir du paysage médiatique, s’inscrivant dans cette logique guerrière de la surenchère en appelant, un jour et impunément, au lynchage des émigrés. Et ce jour n’est pas si éloigné, croyez-moi.

Bouton retour en haut de la page