71e session de la Cour africaine des Droits de l’Homme et des peuples à Alger : La présidente dénonce le faible taux d’exécution des arrêts

La présidente de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (CAFDHP), Imani Daud Aboud, a exprimé son ressenti quant au faible taux d’exécution des arrêts émis par la Cour lors d’une conférence de presse tenue dans le cadre de la de la 71e session ordinaire de la CAFDHP, à Alger. Elle a déclaré que seulement 7 % des plus de 1.200 arrêts rendus ont été pleinement exécutés, tandis que 13 % l’ont été partiellement.
La présidente de la CAFDHP a souligné que certains États membres de l’Union africaine ne respectent pas leurs engagements en matière d’exécution des arrêts de la Cour, ce qui pose un défi majeur pour l’efficacité de l’organe judiciaire. Elle a expliqué que ces pays sont tenus d’appliquer les décisions de la Cour une fois rendues, mais que cela n’est pas toujours respecté.
Outre la non-exécution des arrêts, la présidente Aboud a évoqué d’autres défis auxquels la Cour est confrontée. Elle a noté que le protocole relatif à la création de la Cour africaine n’a été ratifié que par 34 des États membres de l’Union africaine, ce qui limite la portée de son mandat.
Un autre défi majeur est lié aux ressources humaines et financières. La présidente a souligné que la Cour a reçu un budget limité de la part de l’Union africaine, ce qui entrave sa capacité à accomplir efficacement sa mission. Le manque de financement menace le fonctionnement de la Cour et sa capacité à servir les intérêts des peuples africains.
Imani Daud Aboud a également insisté sur l’importance de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples dans la protection des droits des citoyens africains. Elle a appelé à un soutien accru envers cette institution régionale africaine, dont le siège est établi à Arusha, en Tanzanie.
En marge de la conférence de presse, les participants ont également exprimé leur préoccupation concernant les récentes actions de l’entité sioniste contre Ghaza, qualifiant ces agressions de « violations des droits de l’homme et des valeurs humaines ». Cette déclaration souligne l’importance de promouvoir et de protéger les droits fondamentaux des individus, non seulement en Afrique mais dans le monde entier.
La 71e session ordinaire de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples se poursuivra jusqu’au 4 décembre, offrant une occasion capitale de discuter de ces défis et de trouver des solutions pour améliorer la protection des droits des peuples africains.
B. Bakhta
