Ce que j’en pense: C’est comme ça et puis c’est tout
Par Moncef Wafi
Selon la définition française en vogue, le fait accompli est « ce qui est fait, ce sur quoi on ne peut revenir ».
Selon l’ONU, « c’est un pays divisé en deux ».
Selon Yacub, « si je ne la vole pas, quelqu’un d’autre le fera ».
Selon les Sionistes, « Yahvé nous a promis la terre ».
Selon les Américains, « c’est comme ça et pas autrement. Si tu veux te plaindre, le siège des Nations-Unies se trouve à New York. Tu prends par la 5e Avenue et au croisement avec le kiosque du Tounsi, tu tournes à gauche, tout droit jusqu’à l’Hudson, et là tu pourras te jeter dans les eaux du fleuve et noyer ta race si ça te chantes ».
Selon les Français, « BHL l’a dit ».
Selon la Croix, « Jésus ne vous aime pas ».
Selon les pays civilisateurs, « on a Dieu, la force et les fusils de notre côté ».
Selon ma mère, « je suis ta mère ».
Si ma mère ne tue pas, les autres si. Dans leur logique de rapine, de viol et d’extorsion, aucune loi ne peut les arrêter puisque ses textes sont écrits par eux et pour eux. Le fait accompli, une formule magique qui justifie le génocide des Indiens d’Amérique, l’esclavagisme, l’apartheid, la colonisation, les épurations ethniques et la mort des Aborigènes.
Une formule sur mesure concoctée par des apprentis-sorciers qui ont pris le reste de l’humanité comme sujets de leurs expériences de laboratoire. Derrière ce fatalisme à l’occidentale, imposé aux pays qui ne parlent pas la langue du Blanc, qui ne prient pas leur dieu et qui ont d’autres valeurs que le dollar et l’or, s’érige la plus grosse escroquerie de la vie.
Un fait accompli par la force des armes et de l’argent, soutenu par les silences complices de ceux qui peuvent mais qui regardent ailleurs parce que c’est comme ça qu’on leur a dit de se comporter. Comme de bons élèves, une maîtresse docile ou un employé modèle, ils opinent de la tête, prêts à tout sacrifier pour une rallonge d’un pouvoir local qui a droit de mort ou de vie sur des populations naufragées.
Il donne droit à l’effraction, à l’alibi et aux lauriers, s’abstenant de justifier parce que, tout simplement, c’est comme ça et pas autrement. Il est le père tout puissant, la mère nourricière, le bras armé de la vengeance ; même si vous n’avez rien fait ; la raison d’Etat et le code de la route. Il est un fait et plusieurs conséquences accomplies, travestissant la réalité car l’histoire est écrite par les vainqueurs. Il est indéniable et imbattable parce qu’il est au-dessus de nous, porté en étendard par les armées du mal.