Rencontre nationale de Naâma: L’investissement dans les cultures stratégiques en débat

Plusieurs ministres ont pris la parole lors des travaux de la Rencontre nationale de Naâma pour mettre en relief les stratégies de leurs départements respectifs dans les cultures stratégiques.
A commencer par le ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun qui a assuré que son département a mis en place plusieurs mécanismes d’accompagnement et de soutien à l’investissement en industries de transformation dans les zones du Sud et des Hauts plateaux. Son ministère, a-t-il assuré, « a accordé toutes les facilités et incitations pour accompagner la grande dynamique enregistrée par des domaines d’investissement en filières agricoles, intégrer le produit dans l’opération de transformation, et encourager l’adhésion des opérateurs économiques pour la création d’usines de transformation de produits agricoles surtout dans les wilayas du Sud ».
Ali Aoun en veut pour preuve la coordination entre ses services et ceux du ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour offrir les meilleures conditions aux investisseurs pour permettre l’exploitation optimale des matières premières pour la production agricole dans diverses filières tels que les fruits, la tomate industrielle, les cultures oléagineuses et la mise en place d’une industrie de transformation alimentaire intégrée. Des études ont, d’ailleurs, été élaborées par son département ministériel autour de la création d’unités de transformation et de projets d’investissement intégrés au niveau des régions du Sud et des Hauts plateaux, visant, a-t- il dit, à soutenir et à stimuler les investissements dans les domaines de la filature de la laine, du tannage du cuir, la création d’unités de production de lait et dérivés, la production de mécanismes agricoles et le développement les méthodes d’irrigation.
Des stations d’énergie solaire pour les agriculteurs
De son côté, le ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal a souligné la contribution de son secteur dans la mise en œuvre du programme stratégique visant à réaliser la sécurité de l’eau et la sécurité alimentaire.
Comme son collègue de l’Industrie, il a affirmé que toutes les facilités nécessaires ont été fournies et que l’opération se poursuit en accordant un « nombre important » d’autorisations de fonçage de puits aux agriculteurs pour encourager les cultures stratégiques. Divers autres programmes visant à fournir des ressources durables pour l’irrigation, dont l’exploitation des eaux de puits filtrés et traitées et le soutien et l’incitation à l’utilisation de techniques d’économie d’eau, sont en cours, a-t-il encore dit.
Quant à la ministre de l’Environnement et des Energies renouvelables, Fazia Dahlab, elle a annoncé la mise en œuvre d’un programme portant sur le montage de stations d’énergie solaire destinées aux agriculteurs et investisseurs activant dans le domaine des cultures stratégiques pour l’irrigation de 3.000 hectares de terres agricoles éloignées du réseau d’énergie électrique. La ministre qui a affirmé que le financement de ce programme s’effectue conjointement par le ministère à hauteur de 50% du coût de chaque station, et le bénéficiaire, a fait part du lancement, à travers la plateforme du ministère et de ses directions dans les wilayas concernées, d’un appel pour manifestation d’intérêt afin de recenser les agriculteurs et les investisseurs intéressés par le programme. Un appel qui s’étale au 13 juin courant pour procéder à l’étude de l’ensemble des demandes et les classer suivant les priorités en collaboration avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural.
Fazia Dahleb a, par ailleurs, souligné l’importance de l’investissement scientifique pour le développement de solutions innovantes pour préserver la ressource naturelle et sa gestion dans les régions du Grand Sud et des Hauts-plateaux.
Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Youcef Cherfa, s’est lui attardé sur le potentiel foncier pouvant être mis en valeur et attirer des projets d’investissement intégrés dans le sud. Selon le responsable, sa superficie s’élève à 1,5 million d’hectares, selon les études techniques et les cartes réalisées par les différents services compétents.
1,5 million d’hectares de foncier à mettre en valeur
A ce titre, Youcef Cherfa a indiqué que son département s’emploie à mettre à disposition des investisseurs les assiettes foncières nécessaires à la réalisation des projets d’investissement intégrés dans les wilayas du Sud. « Quelque 450.000 hectares ont été transférés à ce jour à l’Office de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes (ODAS), répartie sur 54 périmètres, dont 46 ont été cédés à des opérateurs », a-t-il indiqué lors de son intervention
Le foncier agricole est incontournable pour la concrétisation du plan d’action du gouvernement et de la stratégie sectorielle du ministère de l’Agriculture, visant à répondre aux besoins alimentaires, notamment ceux de large consommation et à renforcer, ainsi, la sécurité alimentaire, a encore soutenu Youcef Cherfa. Ce plan, a-t-il ajouté, comprend les unités de production agricole nouvellement créées, après la restructuration des fermes pilotes, et dédiées à la production et au développement des filières stratégiques (légumineuses, intensification des semences, graines oléagineuses et arbres résistants). Ces unités qui couvrent une superficie agricole totale exploitable de plus de 114.000 hectares, seront « un moteur pour la relance de ces filières », d’autant qu’un plan agricole spécifique sera défini pour chaque unité afin de garantir la réalisation des objectifs fixés en la matière, a-t-il estimé.
Le ministre a également évoqué le programme visant à augmenter les capacités de stockage des céréales à travers la construction de 350 centres de proximité d’une capacité de stockage de 1,7 million de tonnes de céréales, la relance du projet de construction de 16 silos et la construction de 30 nouveaux silos pour le stockage de 3 millions de tonnes de céréales.
La rencontre de Naâma a enregistre la participation des walis de Tlemcen, Saida, Sidi Bel-Abbès, El Bayadh, Béchar, Béni Abbès, Timimoune et d’Adrar, ainsi que des membres des deux chambres du Parlement, des responsables de plusieurs entreprises et organismes publics, de représentants d’organisations patronales, d’agriculteurs, de professionnels et d’opérateurs économiques.
Synthèse M.N
