Manal Gherbi et Nadir Benmansour à Algérie Presse: « Nous voulons raconter notre culture »

Propos recueillis par Nadir O.A

Aujourd’hui, jeudi 2 avril à 20h30, la salle de « La Manufacture » d’Aix en Province, en France, accueillera une soirée musicale inscrite dans le cadre du « MUS’iterranée » qui est un festival des musiques du monde. Dans cette optique, Nadir Benmansour y participera, en présence de plusieurs musiciens ainsi que de l’invitée exceptionnelle Manal Gherbi. Leur soirée sera autour d’une thématique spéciale dédiée à l’Algérie.
Issue d’une famille d’artistes, Manal Gherbi a grandi dans un environnement musical qui a façonné très tôt sa sensibilité artistique. Connue également du public algérien en tant que présentatrice de télévision, elle s’est produite sur de nombreuses scènes internationales, notamment en France et en Allemagne, confirmant une trajectoire artistique marquée par l’ouverture et la transmission. Suivie par plus de 500 000 abonnés sur les réseaux sociaux, elle incarne aujourd’hui une voix singulière entre héritage et modernité.
C’est donc dans cet esprit que Nadir Benmansour et Manal Gharbi nous ont accordé un entretien.

Algérie Presse : Qu’attends-tu de la rencontre de ce soir ?

Nadir Benmansour : Ce que j’attends le plus, c’est le moment de partage avec le public. La Manufacture est un lieu assez intime, donc il y a une vraie proximité qui se crée. Cette soirée a aussi une dimension particulière, parce que le projet raconte un lien entre Oran et la Méditerranée, entre mémoire et présent. C’est une musique très habitée, qui parle d’exil, d’identité et de transmission.J’espère vraiment que le public va se laisser emporter dans ce voyage, entre nostalgie et lumière, et ressentir cette traversée entre les deux rives.

Comment te prépares-tu pour présenter l’album devant le public ?

Je l’ai déjà présenté à Paris, Oran et Marseille, donc le projet a déjà vécu sur scène, il a évolué. Mais à Aix-en-Provence, ce sera une première, donc il y a forcément une excitation particulière. Chaque ville amène une énergie différente, un autre rapport au public. La préparation, aujourd’hui, elle est surtout dans le détail : affiner les arrangements, être encore plus juste dans l’interprétation, et surtout rester disponible à ce qui va se passer sur le moment. Parce qu’au final, un concert, ce n’est jamais figé — c’est toujours une rencontre.

Que représente pour toi la collaboration avec Manal Gherbi sur cette thématique spéciale Algérie ?

La collaboration avec Manal Gherbi est très naturelle et très forte artistiquement. Elle porte en elle tout un héritage de la musique arabo-andalouse, et ça donne une profondeur particulière au projet.
Sur cette thématique autour de l’Algérie, c’est important pour moi de ne pas être seul à raconter cette histoire. Avec elle, il y a un dialogue, une complémentarité entre nos voix et nos sensibilités.
C’est vraiment une rencontre entre deux parcours, mais aussi entre deux manières d’habiter cette culture. Ensemble, on essaie de proposer quelque chose de sincère, qui parle autant de racines que d’ouverture.

Comment décririez-vous votre univers artistique aujourd’hui, entre héritage arabo-andalou et influences contemporaines ?

Manal Gharbi : La musique est ma passion… et j’aime croire que c’est la vérité de la passion qui est importante dans l’exercice de l’art.
La musique dans mon monde est à la croisée des univers artistiques que j’ai connus durant ma vie, depuis mon enfance…La musique andalouse que j’ai pratiquée, étudiée durant des années, est ce qui coule dans mes veines. De part la richesse de ses modes, de ses rythmes, de ses textes, de ses mélodies, c’est une musique savante que je découvre encore et encore… et que j’aime faire découvrir aux gens.
Mais ce que j aime le plus est de l’amener à tes terrains nouveaux en m’inspirant des autres registres musicaux que j’écoute, que je chante et qui donnent une dimension plus contemporaine, donc accessible, pour toucher ainsi un public plus large.

Que représente pour vous votre participation à cette soirée dédiée à l’Algérie à Aix-en-Provence ?

Je suis ravie de ma participation à cette soirée artistique, dédiée à l’Algérie et de faire découvrir une partie de la culture de mon pays, que le grand public connaît davantage à travers ses musiques populaires, telles que le rai ou encore le Gnaoui.
Une occasion aussi pour moi de venir à la rencontre des mélomanes d’Aix en Provence et de découvrir cette belle région du sud de la France.

Comment s’est construite votre collaboration avec Nadir Benmansour sur ce projet musical ?

Nadir Benmansour fait partie de cette génération d’artistes algériens qui apportent un souffle nouveau à la musique algérienne. J’aime son univers artistique et c’est un réel plaisir pour moi que de partager la scène avec lui pour présenter un projet moderne et authentique à la fois, et qui, je l’espère, plaira au public d’Aix en Provence.

Quel message souhaitez-vous transmettre au public à travers cette performance, notamment autour des thèmes d’identité et de transmission ?

Nous sommes tous deux, Nadir et moi-même, animés par cette même volonté de raconter, par nos voix, nos mots, nos instruments, une partie de notre culture et de notre identité, grâce à la musique qui a toujours rassemblé, rapproché les peuples, de part le monde et en tous temps. Ne dit-on pas que la musique est le langage des âmes et des cœurs ? Ce qui est certain, c’est que les nôtres seront présents jeudi (nldr : ce soir) sur la scène de la Manufacture avec notre cher public.Un grand merci aux organisateurs du Festival Musiterranee pour leur invitation et cette belle opportunité d’échange culturel qui nous est offerte.
Merci à vous également pour cet espace d’expression.
Et Merhba à tous !

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