Accusé d’avoir éborgné sa victime: L’accusé acquitté après opposition
Jugé par défaut et condamné initialement à dix ans de réclusion criminelle pour coups et blessures volontaires ayant entraîné un handicap à vie, S.M., a comparu devant le tribunal criminel près la cour d’Oran à la suite d’une procédure d’opposition. À l’issue des délibérations, le mis en cause, qui a nié catégoriquement les faits dès le début de l’affaire, a été acquitté.
L’affaire remonte au 19 novembre 2017. Le plaignant s’était alors présenté aux services de la gendarmerie de la cité Yaghmoracen pour déposer plainte. Selon sa version, les faits se seraient déroulés vers 22 heures dans son quartier de résidence, alors qu’il se trouvait en compagnie du frère du prévenu. S.M., se serait approché d’eux avant de lui porter plusieurs coups de bâton au visage, à la tête et à l’œil. Évacuée aux urgences par des voisins, la victime a été hospitalisée pendant six jours.
Interpellé puis entendu par les enquêteurs, S.M. avait livré une tout autre version. Il avait expliqué que ce soir-là, son frère et la victime, tous deux en état d’ébriété manifestes, s’étaient présentés au domicile familial. Constatant que la victime saignait déjà abondamment au visage et présentait une blessure à l’œil, il les avait expulsés de la maison.
Entendu comme témoin, le frère du prévenu — également ami de la victime — a confirmé qu’ils s’étaient rendus ce soir-là dans un bidonville du secteur pour consommer de l’alcool chez une connaissance. Il a affirmé que la victime était entrée dans la pièce où il se trouvait déjà grièvement blessée, déchargeant ainsi son frère de toute responsabilité. Il a précisé l’avoir ensuite escortée à l’hôpital après avoir été chassés du domicile familial par S.M.
Un second témoin a désigné un autre auteur possible : le propriétaire du lieu où la soirée était organisée, un certain Houari, qui aurait frappé la victime à l’œil au moyen d’un tesson de bouteille.
À la barre du tribunal criminel, le prévenu a réitéré ses dénégations, tandis que la victime l’a de nouveau formellement incriminé. Le représentant du ministère public a requis le maintien de la peine de dix ans de réclusion criminelle. La défense a, pour sa part, plaidé l’innocence pure et simple de son client, une position finalement suivie par la cour. Zemmouri L.
