Accusés de l’assassinat d’un ressortissant africain à Misserghine : Une peine de prison ferme et deux acquittements prononcés

Ce mardi, le Tribunal criminel de première instance de la cour d’Oran a condamné A.H., à trois ans de prison ferme pour association de malfaiteurs et tentative de vol. Par contre, il a été acquitté concernant le chef d’accusation d’homicide volontaire. Deux autres prévenus cités à la barre, J.M., et B.E., ont également été acquittés alors qu’ils étaient poursuivis pour coups et blessures volontaires avec une arme blanche.
Les faits de cette affaire remontent au 16 février 2022, au niveau de la cité AADL d’Ahmed Zabana, à Misserghine lorsque les éléments de la gendarmerie de cette localité ont reçu une information concernant l’agression, par arme blanche, de A.A., un ressortissant africain qui a rendu l’âme après avoir été poignardé en pleine poitrine. L’enquête a permis d’arrêter A.H., un transporteur clandestin qui active au niveau de ce nouveau pôle urbain. Interrogé, il avait expliqué que le jour des faits, il se trouvait à proximité de la cité AADL lorsqu’il a vu la victime se diriger vers ses amis qui étaient en quête d’un travail au niveau des chantiers encore en cours dans la région. Il a précisé qu’il l’avait aperçu entrain de discuter avec le dénommé L.Y., un mineur au moment des faits. Ce dernier, toujours selon la déposition de A.H., avait demandé à A.A., de lui prêter son téléphone pour passer un appel, une demande que la victime avait refusé. Une altercation verbale s’en est suivie pour en arriver aux mains. Le ressortissant africain gifla le mineur et ce dernier, fou de rage, s’était saisi d’un couteau qu’il portait et lui assena un coup l’atteignant en plein cœur.
L.Y., a été arrêté, quant à lui, devant son établissement scolaire et confronté aux aveux de A.H. Pour sa défense, le mineur donna le nom des trois prévenus, expliquant que le jour du drame, une altercation avait opposé ces trois personnes à des ressortissants africains. Chacune des parties voulant monopoliser les occasions d’embauche. Il affirma que c’est à ce moment là que les prévenus ont pu immobiliser la victime en lui passant une corde autour du cou, le traînant sur une longue distance. Selon lui, A.H., s’était saisi d’un couteau appartenant à l’un de ses complices avant de frapper la victime en pleine poitrine. Mais voilà, ces déclarations ne concordent pas avec le rapport d’autopsie qui indique que la dépouille ne portait aucune autre forme de violence corporelle à l’exception du coup de couteau reçu en pleine poitrine.
A la barre du tribunal criminel, A.H., J.M., et B.E., ont nié tout lien avec ce meurtre. Le premier mis en cause explique qu’il pensait avoir été interpellé pour non dénonciation de crime. Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public a requis la perpétuité contre A.H., et quatre ans de prison ferme pour ses complices. La défense de A.H., plaide la non culpabilité de son mandant pour le chef d’inculpation d’homicide volontaire, expliquant que l’auteur de ce crime n’est autre que L.Y., qui a déjà été jugé et condamné par le Tribunal des mineurs.
L. Zemmouri
