Après un énième véto américain: Bendjama demande pardon aux Ghazaouis

L’ambassadeur d’Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama, a vivement dénoncé jeudi soir l’échec du Conseil de sécurité à adopter un projet de résolution appelant à un cessez-le-feu à Ghaza, bloqué par un nouveau veto américain, alors que quatorze des quinze membres du Conseil s’étaient prononcés en faveur du texte.
« C’est une autre tache indélébile sur la conscience de l’humanité », a déclaré le diplomate, exprimant des excuses solennelles au peuple palestinien, en particulier à la population de Ghaza, meurtrie par la guerre. « Pardonnez-nous parce que ce Conseil n’a pas pu sauver vos enfants, vos femmes, vos médecins, vos journalistes, vos humanitaires », a-t-il dit, rappelant le lourd bilan des victimes civiles.
Bendjama a également souligné que la famine, le siège, les déplacements forcés et la destruction d’infrastructures vitales n’avaient pas suscité de réaction efficace de la part du Conseil, paralysé par la protection systématique dont bénéficie Israël.
Pour l’ambassadeur algérien, ce veto récurrent démontre que l’impunité dont bénéficie Israël « ne découle pas du droit international mais d’un déséquilibre flagrant dans le système international ». «Chaque fois que l’occupant échappe à ses responsabilités, c’est l’humanité elle-même qui recule », a-t-il averti.
Amar Bendjama a tenu à saluer le vote favorable des 14 autres membres du Conseil, aligné sur l’opinion publique internationale qui réclame la fin de la guerre. Il a assuré les Palestiniens que l’Algérie « ne renoncera jamais à les soutenir » et continuera, comme s’y est engagé le Président Abdelmadjid Tebboune, à défendre la création d’un État palestinien indépendant avec Al Qods pour capitale. « Le monde doit choisir : soit agir pour mettre fin à un génocide, soit se rendre complice de son déroulement », a-t-il lancé, mettant chacun devant ses responsabilités.
Pour rappel, le Conseil de sécurité des Nations unies a échoué jeudi à adopter un nouveau projet de résolution réclamant un cessez-le-feu et l’accès humanitaire dans la bande de Ghaza à cause du véto américain. Ce blocage s’inscrit dans la continuité d’une série de vétos américains opposés à des résolutions concernant la Palestine et Ghaza. Depuis le début du conflit en octobre 2023, Washington a déjà empêché à plusieurs reprises le Conseil de sécurité d’adopter des textes appelant à un cessez-le-feu immédiat ou à une protection internationale des civils.
En octobre et décembre 2023, puis en février 2024, les États-Unis avaient déjà mis leur veto à des projets de résolution soutenus massivement par les autres membres, au motif qu’ils ne condamnaient pas explicitement le Hamas ou risquaient de « compromettre les négociations » en cours. En 2025, malgré une aggravation dramatique de la situation humanitaire, Washington a maintenu cette position, isolée mais déterminante, bloquant de fait l’action du Conseil.
T. Feriel
