Aquaculture et pêche: Cap sur 2028

L’Algérie entend accélérer la modernisation de son secteur halieutique à travers un plan d’action couvrant la période allant jusqu’en 2028. Les priorités portent notamment sur le développement de l’aquaculture marine et continentale, le renforcement de la formation professionnelle et l’amélioration des conditions socio-économiques des professionnels du secteur.
Invitée de la Chaîne 2 de la Radio nationale, Souad Benbousta, responsable à la Direction générale de la pêche et de l’aquaculture relevant du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, a exposé les principaux axes de cette stratégie.
Selon elle, l’objectif est de faire de l’aquaculture un levier majeur de croissance pour répondre à la demande nationale en produits de la mer et réduire la pression sur les ressources halieutiques. Cette orientation s’inscrit dans la stratégie nationale de diversification des sources de production alimentaire et de renforcement de la sécurité alimentaire.
Le développement de l’aquaculture marine et continentale constitue le principal pilier du programme envisagé. Les autorités souhaitent notamment accélérer l’implantation de projets dans les régions de l’intérieur et du Sud du pays, où plusieurs expériences ont déjà été lancées ces dernières années.
L’expansion de l’aquaculture saharienne figure parmi les axes prioritaires du secteur. Les pouvoirs publics misent sur cette activité pour valoriser les ressources hydriques disponibles, soutenir l’investissement local et créer de nouvelles activités économiques dans les régions éloignées du littoral.
Parallèlement, le secteur entend encourager la création de microentreprises spécialisées dans les différentes activités liées à la pêche, à l’élevage aquacole, à la transformation et aux services connexes.
Pour atteindre ces objectifs, la Direction générale de la pêche et de l’aquaculture a élaboré un programme structuré autour de plusieurs priorités : l’augmentation de la production, le développement de la recherche, le renforcement des capacités humaines, l’investissement et les partenariats.
Cette démarche intervient alors que l’aquaculture est appelée à jouer un rôle croissant dans la production nationale. Plusieurs projets de fermes marines et continentales ont déjà été lancés ces dernières années afin de diversifier l’offre en produits aquatiques et de réduire la dépendance aux captures traditionnelles.
Priorité à la formation
La formation constitue l’un des principaux leviers de cette stratégie. Neuf établissements spécialisés répartis le long du littoral assurent actuellement des formations adaptées aux besoins du marché.
Les cursus proposés couvrent notamment la pêche maritime, l’aquaculture, la plongée professionnelle, la conduite des navires ainsi que la maintenance des moteurs marins.
Selon Souad Benbousta, le secteur a aujourd’hui besoin d’une main-d’œuvre qualifiée capable de répondre aux exigences techniques des nouveaux métiers liés à la pêche et à l’aquaculture.
Ces établissements accueillent des jeunes issus de différents niveaux de scolarité et proposent deux rentrées annuelles, en octobre et en février, afin de faciliter l’accès à la formation.
La responsable a également mis en avant l’importance des partenariats développés avec plusieurs départements ministériels. Des conventions conclues avec les secteurs de la formation et de l’enseignement professionnels, de l’enseignement supérieur ainsi que de la justice permettent notamment de développer de nouvelles spécialités liées à l’aquaculture continentale, à la valorisation du corail et aux activités subaquatiques. Cette approche vise à mieux adapter les formations aux besoins réels du marché du travail et à accompagner l’émergence de nouvelles filières économiques.
Les programmes pédagogiques accordent également une place importante à la sécurité maritime. Élaborés avec le ministère des Transports, ils comprennent des modules consacrés aux premiers secours, à la lutte contre les incendies à bord et aux exercices pratiques de simulation.
L’objectif est de préparer les futurs professionnels aux risques liés aux activités maritimes et de renforcer la culture de prévention au sein de la profession.
Parmi les mesures récentes figure également le dispositif de validation des acquis de l’expérience professionnelle, mis en place en 2024. Ce mécanisme permet aux pêcheurs expérimentés ne disposant pas de diplôme de faire reconnaître officiellement leurs compétences après une évaluation devant un jury spécialisé.
Selon les responsables du secteur, le taux de réussite avoisine actuellement 70 %, ce qui témoigne de l’intérêt suscité par cette formule auprès des professionnels et de son rôle dans la valorisation du savoir-faire acquis sur le terrain.
M. Salah
