L’Algérie passe à l’action au Sahel: Tebboune envoie l’armée au Niger

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale, a envoyé hier des unités de l’Armée nationale populaire en République du Niger afin d’assurer la protection des intérêts énergétiques et économiques communs aux deux pays.

L’annonce a été faite dans un communiqué de la présidence de la République, qui précise que cette décision intervient à la demande des autorités nigériennes et conformément aux dispositions de la Constitution, notamment les articles 30 et 91.
Le déploiement a reçu l’approbation unanime des deux chambres du Parlement. Le Conseil de la nation et l’Assemblée populaire nationale ont chacun validé la mesure lors de séances plénières à huis clos tenues ce dimanche 25 octobre 2026.
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par le renforcement des relations algéro-nigériennes et par l’importance croissante du Sahel dans les équilibres sécuritaires régionaux.
L’Algérie et le Niger sont liés par plusieurs projets de coopération dans les domaines énergétique, économique et des infrastructures. Les deux pays partagent également plus de 950 kilomètres de frontière commune, dans une zone confrontée à des défis sécuritaires persistants liés aux groupes armés, aux trafics transfrontaliers et à l’instabilité régionale.
Ces dernières années, Alger a multiplié les initiatives diplomatiques et sécuritaires visant à soutenir la stabilité des pays du Sahel tout en protégeant ses intérêts stratégiques dans cette région considérée comme essentielle pour sa sécurité nationale.
La révision constitutionnelle de 2020 a ouvert la possibilité pour l’ANP de participer, sous certaines conditions strictes, à des opérations extérieures de maintien de la paix ou de soutien à la stabilité régionale. Toute intervention hors des frontières nationales reste toutefois soumise à un encadrement institutionnel précis, impliquant notamment l’approbation du Parlement.
La décision annoncée lundi s’inscrit ainsi dans le cadre de ces mécanismes constitutionnels et traduit l’évolution du rôle régional de l’Algérie face aux transformations géopolitiques qui affectent le Sahel.
Le communiqué de la présidence met l’accent sur la nécessité de protéger les intérêts énergétiques et économiques partagés entre Alger et Niamey. Ces dernières années, plusieurs projets stratégiques ont renforcé les interdépendances entre les deux pays, notamment dans les domaines des hydrocarbures, des infrastructures de transport et de l’intégration régionale. Les autorités considèrent ces projets comme des leviers de développement pour l’ensemble de l’espace sahélien.
Si aucun détail supplémentaire n’a été communiqué sur les effectifs concernés, leur mission opérationnelle ou la durée du déploiement, le nom de la base a été avancé par l’ancien diplomate Amar Belani. Selon lui, les forces algériennes seraient appelées à stationner à Madama, dans le nord du Niger, près de la frontière libyenne. Il rappelle que ce site fut un ancien point d’appui français, développé dans le cadre de l’opération Barkhane.
G. Salima

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