Le Premier ministre serbe à Alger : De nouvelles perspectives économiques

L’économiste Houari Tigressi, professeur de sciences économiques, a souligné hier que la visite officielle du Premier ministre serbe, Đuro Macut, en Algérie s’inscrit dans une démarche pragmatique et constitue une véritable opportunité pour bâtir un partenariat bilatéral fondé sur le principe du « gagnant‑gagnant ». Selon lui, cette rencontre illustre une volonté commune de renforcer la coopération entre les deux pays dans une logique de diversification et d’ouverture vers l’Europe du Sud‑Est.
Invité de la Chaîne 1, M. Tigressi a rappelé que cette visite s’inscrit dans le prolongement naturel des relations historiques entre Alger et Belgrade. La Serbie, héritière politique de l’ex‑Yougoslavie, avait joué un rôle majeur dans le Mouvement des non‑alignés aux côtés de l’Algérie dans les années 1970. Il a évoqué les liens étroits qui avaient uni les présidents Josip Broz Tito et Houari Boumediene, fondés sur l’amitié, la convergence des positions et la lutte pour un ordre mondial plus équilibré et plus juste.
Aujourd’hui, estime l’expert, les deux pays doivent réactiver cette relation et exploiter leurs potentialités économiques et scientifiques. La Serbie représente une porte d’entrée vers les Balkans, tandis que l’Algérie constitue un accès privilégié vers l’Afrique, avec ses vastes ressources énergétiques, notamment en gaz et en pétrole. Dans un contexte de demande mondiale croissante en énergie, l’Algérie apparaît comme un partenaire fiable.
M. Tigressi a insisté sur le fait que cette visite dépasse le cadre protocolaire et reflète une évolution plus large des politiques économiques et diplomatiques des deux pays. L’Algérie cherche à diversifier ses partenariats au‑delà de l’Europe occidentale, tandis que la Serbie ambitionne d’élargir ses relations en Afrique et dans le monde arabe.
Il a relevé une convergence d’intérêts : l’Algérie souhaite bénéficier de l’expertise industrielle et technologique serbe pour moderniser son économie, alors que Belgrade cherche de nouveaux marchés et sources d’approvisionnement.
Sur le plan politique, l’expert considère que les deux pays partagent une volonté commune de réactualiser l’esprit du non-alignement, mais dans une perspective moderne axée sur les intérêts économiques et la pragmatique. Dans un contexte international marqué par des tensions croissantes – crises au Moyen-Orient, guerre en Ukraine – cette approche flexible permettrait de sécuriser les chaînes d’approvisionnement et de diversifier les sources d’énergie.
Duro Macut a quitté Alger, hier, au terme d’une visite de travail de deux jours, lors de laquelle il a été reçu par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
T. Feriel

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