Ce que j’en pense : Pendez-les haut et court !
Par Moncef Wafi
L’assassinat d’un enfant de 5 ans à Blida relance de nouveau le débat sur la peine de mort en Algérie. Faut-il alors armer les pelotons d’exécution, connecter la chaise électrique, préparer les seringues et sortir les cordes ? Personnellement, j’opterais pour cette dernière suggestion : la bonne vieille potence, un vautour déplumé sur l’épaule du bourreau et l’ombre d’un nœud coulant.
L’image est fantasmagorique, revendiquée par une partie de la société qui voit dans la fin du moratoire de fait sur la peine de mort, une digue contre la folie meurtrière ambiante. Des citoyens qui œuvrent pour la loi du Talion et qui prétendent à un droit divin.
De l’autre côté des tranchées, les défenseurs des droits humains qui croient encore à la bonté de l’homme même s’il a tué, brûlé ou violé un enfant. Ceux qui estiment qu’une exécution est irrémédiable alors que le risque d’une erreur judiciaire n’est jamais définitivement écarté. Ceux-là militent pour l’abolition définitive de la peine capitale, s’opposant au canon et à la guillotine.
Chaque clan défendant ses options, brandissant ses arguments comme autant de trophées gagnés sur le terrain des discussions byzantines alors que la décision est ailleurs. Chaque partie s’accroche à ses vérités pérennes, incapable de se repenser, d’admettre que l’autre en face a peut-être raison ou simplement qu’il n’a pas tout à fait tort.
C’est vrai que la mort d’un bourreau ne ramènera pas ses victimes à la vie, mais il est aisé d’imaginer la douleur des vivants qui assistent impuissants au souvenir vivace de celui qui a effacé les leurs. Comment trouver les mots justes pour leur expliquer que même s’il a été condamné à mort, il continuera à se lever chaque matin, à prendre son petit-déjeuner, à attendre midi, à recevoir des visites, à essayer de tuer le temps, à rêver et probablement à espérer. Comment les persuader que celui qui a enlevé un enfant, violé une fille, assassiné un père ou un frère a le droit de respirer et d’attendre sagement la mort dans son coin.
Les arguments ne manquent pas et à chacun de se faire une opinion, selon ses propres prismes de conscience. Néanmoins, le sujet continuera à susciter les débats tant qu’il est question de vie ou de mort.