Déjà 188 morts par noyade depuis le 1er juin : L’été 2026 parmi les plus meurtriers

188 personnes environ ont perdu la vie par noyade en Algérie depuis le 1er juin 2026, un total qui, avant même la clôture de la saison estivale, dépasse déjà le bilan définitif de toute la saison 2025. C’est ce qui ressort du recoupement des bilans hebdomadaires successifs de la Direction générale de la Protection civile (DGPC), diffusés chaque mercredi par voie de communiqué.

La progression s’est faite par paliers réguliers tout au long de l’été. Un premier point d’étape, dressé à la mi-juillet, faisait état de 45 décès sur les seules plages depuis le lancement du dispositif de surveillance. Fin juillet, le cumul officiel annoncé par le lieutenant-colonel Nassim Bernaoui, sous-directeur de l’information et de la sensibilisation à la DGPC, s’élevait à 139 décès par noyade depuis le 1er juin, dont 97 sur les plages et 42 dans les plans d’eau, pour plus de 43 400 interventions ayant permis de sauver plus de 30 800 personnes. La semaine du 24 au 30 juillet avait à elle seule été particulièrement sombre, avec 19 décès en mer enregistrés dans la seule wilaya de Boumerdès et 3 autres dans des plans d’eau.
Le mois d’août n’a pas ralenti la tendance. Durant la semaine du 2 au 8 août, la Protection civile a déploré 10 décès par noyade en mer et 9 autres dans des réserves d’eau, pour 7 781 interventions ayant permis de sauver 5 641 personnes. La semaine suivante, du 9 au 15 août, le bilan faisait état de 11 morts par noyade en mer et 3 dans des réserves d’eau, à travers 8 014 interventions et 5 605 sauvetages. Le dernier bilan en date, portant sur la semaine du 16 au 22 août, confirme la persistance du phénomène avec 11 décès sur les plages et 5 autres dans des réserves d’eau, pour 8 729 interventions ayant permis de sauver 6 457 personnes.
En additionnant ces relevés hebdomadaires successifs au cumul officiel de fin juillet, le total avoisine donc les 188 décès par noyade depuis le 1er juin 2026, alors qu’il reste encore plusieurs semaines de surveillance des plages avant la clôture habituelle du dispositif fin septembre.

Des causes constantes

Ce chiffre prend tout son relief à la lumière des bilans des saisons précédentes, tels que rendus publics par la DGPC elle-même. Lors de la conférence de presse de clôture de la saison estivale 2025, tenue en octobre à Alger, la Protection civile avait annoncé un total de 175 morts par noyade sur l’ensemble de la saison, dont 83 sur des plages interdites à la baignade et 44 dans des zones autorisées mais en dehors des heures de surveillance, auxquels s’ajoutaient 76 décès dans les plans d’eau et barrages. Autrement dit, la saison 2026 a déjà, à la fin du mois d’août, dépassé de plus de dix points ce bilan final 2025, et ce avant même que le mois de septembre – traditionnellement encore meurtrier dans les régions intérieures et sur les retenues d’eau – n’ait livré ses propres chiffres.
Remonter à 2023 permet de situer la saison en cours par rapport à une année de référence plus sombre. La DGPC avait alors comptabilisé, sur l’ensemble de l’année, 214 morts par noyade, dont 114 sur les plages autorisées à la baignade, ainsi que 75 décès dans les points d’eau et étangs, un chiffre confirmé l’année suivante par la même source dans son communiqué de lancement de la saison 2024. Sur cette base, 2026 se situe donc actuellement dans une trajectoire intermédiaire : nettement au-dessus de 2025, mais pas encore au niveau du pic de 2023, sous réserve de l’évolution des dernières semaines de la saison.
D’une semaine à l’autre, les communiqués de la Protection civile pointent invariablement les mêmes facteurs : baignade dans des plages interdites ou en dehors des horaires de surveillance, fréquentation de plages rocheuses non aménagées, et noyades dans les barrages, retenues collinaires, bassins d’irrigation et oueds de l’intérieur du pays, où l’absence de tout dispositif de secours rend chaque incident potentiellement fatal. La wilaya de Boumerdès s’est distinguée cet été par plusieurs journées noires en mer, tandis que les décès en plans d’eau touchent de façon récurrente les wilayas de l’intérieur, avec une forte proportion d’enfants parmi les victimes selon les bilans antérieurs de la DGPC.
G. Salima

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