Production de semences et de plants: La feuille de route de l’Algérie

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a annoncé mardi à Alger la mise en œuvre d’une stratégie nationale visant à développer la production locale de semences et de plants afin d’assurer la sécurité alimentaire. Cette démarche repose sur les résultats des recherches scientifiques menées dans les instituts et universités du pays et ambitionne de réduire la dépendance aux importations.
Présidant la première réunion du Conseil scientifique national de la sécurité alimentaire au siège de la Chambre nationale d’agriculture, le ministre a expliqué que ses services travaillent à lancer des projets concrets pour la production de semences hybrides, notamment de maïs et de légumes, en partenariat avec l’université de Tiaret et le Centre de recherche en biotechnologie de Constantine.
Il a également mis en avant le renforcement de la production locale de plants, conformément au plan sectoriel d’élargissement des cultures arboricoles, citant l’exemple de l’arganier. Des études menées dans ce domaine permettront de diversifier les cultures et de réduire la facture des importations. Le Centre de recherche en biotechnologie œuvre déjà à la production de plants de bananier en grande capacité, ouvrant la voie à une culture locale à plus grande échelle.
Concernant la production animale, M. Oualid a insisté sur l’importance d’adopter des méthodes scientifiques pour réduire les coûts, notamment dans la fabrication des aliments de bétail. Il a souligné la nécessité d’intégrer des matières agricoles locales dans ces formules afin d’augmenter la production à moindre coût. Pour les viandes blanches, il a plaidé pour une réduction de la dépendance aux génétiques importées et pour le développement de poules reproductrices locales, rappelant que l’Algérie dispose déjà de complexes de production intégrés.
Le ministre a également mis l’accent sur la mécanisation et l’utilisation de technologies modernes pour améliorer le rendement des terres, affirmant que le ministère est prêt à accompagner les agriculteurs dans ce domaine. Il a ajouté que l’efficacité du soutien au secteur agricole doit être renforcée et que chaque investissement doit produire un rendement tangible.
Dans son allocution, il a évoqué la révision prochaine de la loi d’orientation agricole, conformément aux instructions du président Abdelmadjid Tebboune. Cette réforme vise à libérer l’initiative des acteurs du secteur et à limiter le rôle de l’administration à l’accompagnement et à la facilitation.
Le ministre a enfin souligné que la réussite de cette stratégie dépend d’un changement de mode de gestion, basé sur une vision scientifique et une rupture avec les approches purement administratives. Il a annoncé la publication des recommandations de la Conférence nationale pour la réforme du secteur agricole sur le site officiel du ministère, qui serviront de base aux travaux du Conseil.
De son côté, le président du Conseil scientifique national pour la sécurité alimentaire, Ammar Azioune, a rappelé que cette instance, composée de 33 membres parmi les chercheurs, enseignants et experts algériens de l’intérieur et de l’extérieur, constitue une assise technique solide pour accompagner la modernisation du secteur agricole et renforcer les capacités de production face aux défis géopolitiques et climatiques actuels.
T. Feriel
