DNA bovine : Des mesures draconiennes pour éviter la contagion

Des mesures draconiennes ont été prises pour endiguer la propagation en Algérie de la dermatose nodulaire contagieuse des bovins. Cette maladie virale ne se transmet pas à l’homme, mais elle peut causer des pertes considérables d’animaux et donc avoir d’importantes conséquences économiques.
La direction des services vétérinaires du ministère de l’Agriculture et du Développement rural a pris des mesures destinées à éviter la propagation de cette épizootie en Algérie. Dans un communiqué relayé, la semaine dernière, par l’APS, le département de Cherfa, a rassuré les éleveurs, après l’apparition de quelques foyers de cette maladie dans certaines wilayas, affirmant que « la situation est maîtrisée » et que tous les moyens de prévention et de lutte ont été mobilisés. Les procédures d’acquisition du vaccin contre cette maladie ont été engagées auprès de l’Institut Pasteur.
« La dermatose nodulaire contagieuse est une maladie virale des bovins et des buffles, transmise par des insectes. Elle cause des lésions cutanées et entraîne une diminution de la production laitière, des avortements et des troubles de la fertilité. C’est une maladie vectorielle où le virus se propage dans la population d’insectes. Une large désinsectisation doit obligatoirement être effectuée et de manière continue et contrôlée », recommande le Docteur vétérinaire Bendiab. Ce dernier préconise aussi « l’application stricte des mesures d’interdiction de déplacements des animaux à partir des exploitations infectées, de l’isolement des animaux malades et de la désinfection des locaux et des outils ».
Les marchés à bestiaux ont été fermés dans plusieurs wilayas. C’est le cas de Ghardaïa (lire page 6) et à Mascara où tous les marchés aux bestiaux de la wilaya ont été fermés temporairement, pour une période de 21 jours, depuis, le 25 juin dernier. Cette fermeture a été décidée par principe de précaution puisqu’aucun cas dermatose nodulaire contagieuse des bovins n’a été enregistré dans cette wilaya. « En cas de suspicion, les éleveurs doivent se rapprocher d’un vétérinaire », conseille ce scientifique. « Les pertes économiques sont liées à la diminution de la production laitière, aux troubles de la fertilité, aux avortements et aux dommages causés aux cuirs », explique ce vétérinaire.
« Des avortements peuvent également se produire. La maladie n’est que très rarement mortelle. L’agent infectieux, un virus du genre Capripoxvirus, est principalement transmis par des piqûres de mouches et de moustiques, mais peut également survenir par contact direct entre deux animaux », précise le Dr Bendiab. Notre interlocuteur souligne qu’ « il n’y a pas de traitement autre que symptomatique, c’est-à-dire visant uniquement à soulager l’animal en traitant les symptômes et non leur cause biologique. Et de conseiller les éleveurs de « protéger autant que possible les bovins des mouches et des moustiques ».
Et de conclure : « La vaccination est particulièrement efficace lorsqu’elle est appliquée avant que le virus ne s’introduise dans une région d’élevage. La dermatose nodulaire contagieuse est une épizootie hautement contagieuse et est donc soumise à déclaration obligatoire. Tous les éleveurs sont dès lors tenus d’annoncer les cas suspects au vétérinaire de l’exploitation ».
G. Salima
