Eau potable, dessalement et assainissement : Près de 700 milliards de DA pour l’Hydraulique

Le secteur de l’hydraulique bénéficiera en 2027 d’un budget en forte hausse, atteignant près de 700 milliards de dinars en crédits de paiement, soit une progression de plus de 30 % par rapport à l’exercice précédent. Présentant mardi le projet de loi de finances (PLF) 2027 devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a détaillé un programme d’investissements centré sur la sécurité hydrique, l’alimentation en eau potable, le dessalement de l’eau de mer, l’irrigation agricole et l’assainissement.
Une enveloppe de 55,8 milliards de DA a été réservée aux programmes liés à la mobilisation des ressources en eau et au renforcement de la sécurité hydrique. Ce programme comprend le lancement de 91 nouvelles opérations ainsi que la réévaluation de onze projets.
Parmi les actions prévues figurent notamment la réalisation, l’équipement et le raccordement de puits dans 49 wilayas pour un montant global supérieur à 24 milliards de DA. Des opérations de réhabilitation et de modernisation des barrages ainsi que des systèmes de transfert d’eau en exploitation sont également programmées.
Le volet consacré à l’alimentation en eau potable et à l’eau industrielle représente la part la plus importante des investissements annoncés. Le programme prévoit l’inscription de 173 nouvelles opérations et la réévaluation de 36 projets en cours pour une enveloppe globale dépassant les 560 milliards de DA.
Une grande partie de ces crédits sera destinée aux travaux de raccordement en aval des nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer réalisées dans les wilayas de Chlef, Mostaganem et Tlemcen. Le gouvernement mise fortement sur ces infrastructures pour réduire la dépendance aux ressources conventionnelles et renforcer l’alimentation des populations des régions côtières et de l’arrière-pays.
Le programme prévoit également la réalisation de 26 réservoirs à travers différentes wilayas du pays pour un coût global estimé à 12,2 milliards de DA, afin d’améliorer les capacités de stockage et la régularité de la distribution.
42 milliards pour l’agriculture
Dans le domaine agricole, 23 nouvelles opérations seront lancées pour un montant dépassant 42 milliards de DA, soit 5,7 % de l’ensemble des investissements programmés. Parmi ces projets figurent douze études portant sur l’aménagement et la création de nouveaux périmètres d’irrigation. L’objectif est de soutenir le développement agricole et d’améliorer la valorisation des ressources en eau, notamment dans les zones à fort potentiel de production. Le secteur de l’assainissement bénéficiera également d’importants moyens financiers. Le programme prévoit l’inscription de 90 nouvelles opérations ainsi que la réévaluation de quinze projets pour une enveloppe avoisinant 120 milliards de DA. Parmi les investissements retenus figurent la réalisation de nouveaux systèmes d’assainissement pour un montant estimé à 37,7 milliards de DA ainsi que 19 opérations destinées à la protection des villes et des zones urbaines contre les risques liés aux inondations et aux dysfonctionnements des réseaux.
Lors de son intervention devant les députés, Lounès Bouzegza a affirmé que l’Algérie disposait aujourd’hui d’un niveau « confortable » d’approvisionnement en eau potable grâce aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Le ministre a notamment mis en avant la diversification des ressources hydriques à travers le dessalement de l’eau de mer ainsi que le recours croissant à la réutilisation des eaux usées épurées dans les secteurs agricole et industriel. Selon lui, ces choix permettent de renforcer la sécurité hydrique nationale et de répondre à la hausse continue des besoins des ménages et des activités économiques.
Il a réaffirmé la poursuite des projets structurants dans les domaines de l’eau potable, du dessalement, de l’assainissement et de la réutilisation des eaux traitées, estimant que ces investissements contribueront à l’amélioration durable du service public de l’eau à travers l’ensemble du territoire national.
De son côté, le vice-président de la Commission des finances et du budget de l’APN, Abdenour Belarbi, a salué les efforts consentis par le secteur, soulignant que les défis climatiques imposent de poursuivre les investissements visant à préserver la ressource, renforcer les capacités de stockage et améliorer la gestion de l’eau. D.Z
