Sécurité alimentaire : Le Sud au cœur de la stratégie agricole
Le projet algéro-italien de production de céréales et de légumineuses implanté dans la région d’Amguiden, au sud de Timimoun, figure parmi les plus importants investissements engagés dans l’agriculture saharienne en Algérie. C’est ce qu’a affirmé ce mardi le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Sid Ali Khaldi, lors d’une visite de terrain consacrée à ce mégaprojet en cours de réalisation.
S’étendant sur une superficie de 36 000 hectares, le projet est appelé à jouer un rôle stratégique dans la politique nationale de sécurité alimentaire. Le ministre a souligné que l’État compte en faire un véritable « réservoir stratégique » capable de contribuer durablement à l’approvisionnement du marché national en céréales et légumineuses, dans un contexte marqué par les défis liés aux fluctuations des marchés internationaux et aux impératifs de souveraineté alimentaire.
Implanté dans la zone d’Amguiden, à près de 200 kilomètres au sud de Timimoun, ce projet repose sur un partenariat algéro-italien associant les importantes ressources foncières et hydriques du Sud algérien à l’expertise italienne dans la production céréalière à grande échelle. Les pouvoirs publics considèrent ainsi cette coopération comme un levier majeur pour accélérer la modernisation de l’agriculture saharienne et accroître les capacités nationales de production.
Au-delà de la seule mise en culture de vastes superficies, le projet se distingue par son caractère intégré. Il englobe l’ensemble de la chaîne de valeur agricole, depuis la production de semences jusqu’à la transformation industrielle, en passant par la culture et le stockage. Une approche qui, selon le ministre, devrait permettre de renforcer l’industrie agroalimentaire nationale tout en créant davantage de valeur ajoutée localement.
Les retombées économiques attendues concernent également l’emploi et le développement territorial. Les responsables tablent sur la création de nombreux postes de travail directs et indirects ainsi que sur l’émergence d’activités connexes dans les domaines des services, du transport, de la logistique et de la transformation agroalimentaire, faisant de ce projet un moteur de développement pour l’ensemble de la région.
Lors de cette visite, Sid Ali Khaldi a insisté sur l’importance d’une coordination étroite entre les gestionnaires du projet et les différents instituts techniques spécialisés. Rappelant l’expérience accumulée par l’Algérie dans le domaine de l’agriculture saharienne au cours des dernières décennies, il a assuré que son département mobiliserait les compétences nationales en agronomie saharienne afin d’accompagner la réalisation et l’exploitation du complexe.
Le ministre a également réaffirmé le caractère stratégique de ce projet, qui bénéficie, selon lui, d’un intérêt particulier des hautes autorités du pays. Cet accompagnement devra notamment permettre d’optimiser les performances agronomiques du site et d’adapter les itinéraires techniques aux spécificités des conditions climatiques sahariennes.
Au cours de son déplacement, le ministre s’est enquis de l’état d’avancement des différentes infrastructures structurantes du projet. Il a notamment visité la base de vie, dont les travaux ont atteint un taux de réalisation de 47 %, ainsi que la station électrique déjà réceptionnée. Les travaux d’aménagement du réseau routier interne se poursuivent également à un rythme jugé satisfaisant.
Pour rappel, le projet d’Amguiden s’inscrit dans la stratégie nationale visant à développer l’agriculture dans les régions sahariennes, désormais considérées comme un espace à fort potentiel pour accroître la production de cultures stratégiques, notamment les céréales. Ces dernières années, plusieurs projets agricoles de grande envergure ont été lancés dans le Sud afin de renforcer la sécurité alimentaire du pays et réduire progressivement la facture des importations de produits agricoles.
Ch.G
