Ce que j’en pense: Au secours, le foot revient !
Ça y est le coup d’envoi de la saison des pieds carrés a été donné. Le championnat de foot a débuté jeudi par de mièvres spectacles offerts aux supporters des équipes engagées. Au-delà des résultats purement techniques, le championnat algérien est aux antipodes du football moderne pratiqué par les autres nations du ballon rond. La majorité des clubs de la Nationale Une, pour ne citer qu’eux, sont dans l’incapacité chronique de s’adapter aux exigences d’un professionnalisme imposé par les instances footballistiques mondiales. Ni structuration encore moins de programmes planifiés à long terme, ils naviguent à vue, attendant que l’Etat leur offre la bouée financière pour pouvoir encore flotter dans les eaux troubles de notre football. Très loin des standards en vigueur, très proches des magouilles sportives chères à certains présidents de club, le foot algérien a depuis longtemps sombré dans l’indigence des joueurs, la pauvreté du niveau technico-tactique, l’état catastrophique de nos structures sportives et la violence navrante des galeries de supporters. Pour faire un parallèle, il suffit juste de les comparer à ces entreprises nationales dissoutes parce qu’incapables d’adapter l’outil de production aux exigences du haut niveau. Des clubs sportifs assistés, sous perfusion économique, qui reviennent à l’ancienne pratique des sociétés publiques phares du tissu industriel qui prenait en charge la gestion administrative des équipes locales. Est-ce une bonne nouvelle ? La question mérite d’être posée toutefois elle trahit la politique tâtonne engrangée ces dernières décennies pour gérer le foot algérien. Si les résultats les plus notables ont été enregistrés sous les sigles des entreprises, disparues ou encore en exercice, il est regrettable que notre foot regarde toujours dans le rétroviseur faute d’avoir prouvé qu’il pouvait survivre autrement. Les victoires glanées ça et là, comme le sacre africain de l’USMA, ne doivent pas faire oublier que beaucoup de crampons qui foulent les pelouses sont en plomb.
>> Par Moncef Wafi