Etat du réseau routier: L’évaluation sur le terrain se poursuit

26 973 accidents de la circulation, 3 838 morts et 37 020 blessés : c’est le bilan noir dressé pour la seule année 2025 par la Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR), en hausse respectivement de 2,68%, 2,62% et 4,9% par rapport à 2024.

C’est dans ce contexte que se poursuivent, à travers l’ensemble du pays, des sorties sur le terrain des walis et des autorités locales destinées à faire le point sur l’état du réseau routier et à suivre l’avancement des chantiers d’aménagement, d’entretien et de réhabilitation, en exécution des instructions du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Saïd Sayoud, a indiqué mercredi un communiqué du ministère.
Selon la même source, ces déplacements répondent à un triple objectif fixé par le ministre : améliorer la qualité des services rendus aux citoyens, renforcer la sécurité routière et prendre en charge de manière effective les insuffisances constatées sur le réseau local. Concrètement, les walis sont chargés d’examiner l’état des routes nationales, de wilaya et communales, de vérifier l’avancement des travaux de réalisation des ouvrages d’art qui leur sont liés, de suivre les opérations de bitumage et de réhabilitation, et de traiter les points noirs où la circulation rencontre des difficultés particulières, le tout devant contribuer à améliorer la disponibilité du réseau et à garantir la fluidité des déplacements.
Cette mobilisation intervient alors que l’état du réseau routier algérien fait l’objet de critiques récurrentes de la part des usagers. Chaussées fissurées, affaissements et nids-de-poule sont régulièrement pointés du doigt, notamment en période hivernale lorsque l’eau stagnante masque la profondeur des trous et complique leur repérage par les conducteurs. Le ministère des Travaux publics avait lui-même reconnu, lors d’une journée d’étude organisée avec la Gendarmerie nationale, que la dégradation accélérée du réseau national était causée en priorité par la surcharge généralisée des poids lourds, un phénomène qui contraint l’État à consacrer chaque année près de 30% du budget du secteur à la seule maintenance des routes.
Toujours dans le cadre du renforcement de la sécurité routière et en application des instructions du ministre, les opérations de suppression des ralentisseurs anarchiques et non conformes aux normes se poursuivent, ces derniers étant remplacés, le cas échéant, par des équipements répondant aux normes techniques en vigueur, afin de garantir la sécurité des usagers de la route et de réduire les risques liés à des installations non réglementaires, précise le communiqué. Cette question n’est pas anodine : les dos-d’âne « hors normes », installés de manière informelle sur de nombreux axes, sont régulièrement mis en cause par les automobilistes pour les dommages mécaniques qu’ils provoquent, voire les accidents qu’ils occasionnent lorsqu’ils sont franchis à vitesse inadaptée faute de signalisation suffisante.
Si les autorités routières attribuent traditionnellement l’essentiel des accidents de la circulation au facteur humain, l’excès de vitesse et le manque de vigilance étant régulièrement cités comme responsables de plus de 96% des sinistres, les spécialistes de la sécurité routière rappellent que l’état de l’infrastructure elle-même, chaussée délabrée, signalisation défaillante ou éclairage insuffisant, entre également en jeu dans la survenue et la gravité de nombreux accidents.
T. Feriel

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