Numérisation de l’agriculture : La décision de Tebboune qualifiée de « stratégique »

Le professeur Tarik Hartani, directeur de l’École supérieure d’agriculture, a salué ce mardi sur les ondes de la Radio nationale la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, d’imposer la généralisation de la numérisation dans tous les secteurs avant la fin de l’année, en commençant par celui de l’agriculture. Selon lui, cette orientation marque un tournant décisif pour la modernisation du secteur, longtemps resté en marge des avancées technologiques.
Lors de son intervention à l’émission « L’invité du jour » sur la chaîne 3, Pr. Hartani a souligné que le secteur agricole souffrait d’un déficit d’informations fiables, en particulier dans les filières clés comme les céréales et l’élevage. Il a rappelé que près de 100 milliards de dollars ont été investis dans l’agriculture au cours des deux dernières décennies, dont 80 % dans la filière céréalière, sans que la traçabilité ne soit pleinement assurée.
La numérisation, selon lui, permettra d’optimiser l’usage des ressources, d’améliorer le suivi du cheptel grâce à des technologies comme les puces électroniques, et de réduire la facture des importations agricoles, à l’image de ce qu’ont accompli des pays comme le Brésil ou la Russie.
Pr. Hartani a également insisté sur l’importance de centraliser les données agricoles pour affiner les prévisions et améliorer la gestion des ressources : semences, engrais, matériel, et aides financières. Il a également souligné que la réussite de cette transition dépendra de l’implication des agriculteurs, notamment ceux des zones steppiques et montagneuses, qui doivent être sensibilisés aux bénéfices de la digitalisation.
Des applications adaptées pourraient leur fournir des informations précieuses sur les conditions climatiques, les techniques de semis ou l’usage optimal des intrants. « La modernisation est irréversible », a-t-il affirmé, ajoutant que ceux qui refusent d’adhérer à cette dynamique risquent d’être marginalisés.
Le directeur a annoncé aussi la mise en place prochaine d’un système national d’information agricole, destiné à regrouper et valoriser les données produites par les différentes structures du secteur. Il a insisté sur la nécessité de sécuriser ces données et de recruter des profils qualifiés pour en assurer la gestion.
Enfin, Pr. Hartani a évoqué la Conférence nationale de l’agriculture, prévue fin octobre, comme une étape stratégique pour approfondir ces enjeux et formuler des recommandations concrètes au service du développement agricole et du citoyen.
De son côté, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Mahdi Oualid, a souligné, lundi dernier à Constantine, la nécessité de moderniser le secteur agricole, confronté à de nombreux défis structurels et technologiques.
Intervenant à l’ouverture de la 6ᵉ édition du Colloque national sur les céréales d’hiver, organisé à la Maison de la culture Malek Haddad, le ministre a insisté sur l’importance d’intégrer la connaissance, l’expertise et l’innovation, tout en appelant à mobiliser les jeunes et les chercheurs maîtrisant les technologies agricoles, notamment celles liées à l’agriculture de précision.
Il a également annoncé l’accélération de la numérisation et la simplification des procédures administratives, précisant qu’une étude sur l’efficacité des politiques agricoles passées est en cours. Les résultats seront présentés lors d’une conférence nationale sur la modernisation du secteur agricole, prévue fin octobre.
Ch.G
