Plus de trente accords attendus : Berlin déroule le tapis rouge pour Tebboune

Plus de trente accords de coopération, couvrant les hydrocarbures, les énergies renouvelables, la transition énergétique, l’industrie pharmaceutique, l’industrie de transformation et les technologies de pointe, devraient être signés à l’occasion de la visite officielle de deux jours entamée hier mercredi par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en République fédérale d’Allemagne.
Le chef de l’État algérien répond à l’invitation du président fédéral Frank-Walter Steinmeier, qualifié d’« ami » dans le communiqué officiel de la présidence, et sera accueilli avec les honneurs militaires à la Villa Borsig, résidence traditionnellement réservée aux hôtes du ministère des Affaires étrangères en périphérie de Berlin.
Selon la présidence de la République, ce déplacement vise à renforcer les liens de l’amitié historique et du partenariat entre les deux pays, et à concrétiser la volonté commune des deux chefs d’État de donner un nouvel élan aux relations de coopération bilatérale et de les élargir vers des horizons plus vastes. Le président Tebboune doit s’entretenir non seulement avec son homologue Steinmeier, mais aussi avec le chancelier fédéral Friedrich Merz, ces échanges devant porter sur le renforcement des liens historiques entre l’Algérie et l’Allemagne et sur l’exploration des voies de valorisation de la coopération bilatérale dans les différents domaines d’intérêt commun, à travers une relance de la dynamique des mécanismes de coopération existants, portée vers des perspectives stratégiques plus larges.
Le programme présidentiel prévoit également une rencontre avec des membres de la communauté nationale établie en Allemagne, destinée à recueillir leurs préoccupations et leurs attentes — un format désormais habituel des déplacements présidentiels à l’étranger.
En marge de cette visite d’État, se tiendra un forum économique algéro-allemand, réunissant hauts responsables, chefs d’entreprise et investisseurs des deux pays. Ses travaux devraient être couronnés par l’annonce d’un partenariat stratégique entre l’Algérie et l’Allemagne, ainsi que par la signature de plus de trente accords sectoriels, en particulier dans les hydrocarbures, les énergies renouvelables et la transition énergétique, l’industrie pharmaceutique, l’industrie de transformation et les technologies avancées. Ce volet économique confirme et prolonge les dynamiques déjà à l’œuvre entre les deux pays : l’Algérie a livré début juillet sa première cargaison de GNL vers l’Allemagne depuis le complexe GL2Z d’Oran, et le projet de corridor d’hydrogène vert SoutH2, censé relier le sud algérien à l’Europe via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche, devrait également figurer parmi les dossiers énergétiques au cœur des discussions.
Pour rappel, et sur le plan commercial, l’Allemagne occupe le sixième rang des fournisseurs de l’Algérie. Les exportations allemandes vers l’Algérie ont atteint environ 2,1 milliards d’euros en 2025, avant de reculer de 5,6 % au premier trimestre 2026. À l’inverse, les exportations algériennes vers l’Allemagne — essentiellement des hydrocarbures — ont progressé d’environ 11 % en 2025, à 1,4 milliard d’euros, une tendance qui s’est encore accélérée avec une hausse de 20 % au premier trimestre 2026. Plusieurs groupes allemands historiquement implantés en Algérie, comme Knauf, Siemens, Liebherr ou BASF, structurent déjà cette relation industrielle. Un rapport de l’agence gouvernementale Germany Trade & Invest, publié à l’approche de la visite, anticipe une croissance de l’économie algérienne comprise entre 3,7 % et 4,5 % en 2026 et identifie des opportunités d’investissement dans l’énergie, les mines, l’agroalimentaire, la pharmacie, l’automobile et les infrastructures.
T. Feriel
