Que s’est-il passé ? Black-out partiel en Algérie

16 wilayas, essentiellement dans l’Est du pays, ont basculé dans le noir mardi 14 juillet vers 22 heures, victimes d’un black-out électrique d’une ampleur exceptionnelle survenu en pleine vague de chaleur. L’incident, déclenché par une défaillance technique sur une installation stratégique de Sidi Okba, dans la wilaya de Biskra, a plongé Alger, Bouira, Constantine, Jijel, Tizi-Ouzou et Ghardaïa, entre autres, dans une coupure générale qui aura duré près de six heures avant un retour progressif du courant, achevé aux alentours de 4 heures du matin ce mercredi.
L’épisode intervient au terme de 48 heures marquées par deux pics de consommation électrique inédits dans l’histoire du réseau national. La demande a atteint 21 176 mégawatts le 12 juillet à 15 heures, avant d’être pulvérisée dès le lendemain à 15h30 avec 21 378 MW. Ces niveaux se situaient pourtant dans la fourchette haute anticipée par Sonelgaz pour l’été 2026, comprise entre 21 350 et 22 550 MW, l’entreprise assurant disposer d’une marge « suffisante » pour éviter tout délestage.
Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a expliqué que la panne résultait de la combinaison d’une chaleur extrême — les températures grimpant jusqu’à 49°C dans certaines régions du grand sud — et d’un fort taux d’humidité, qui ont eu raison de l’installation de Sidi Okba. Un dysfonctionnement local qui s’est propagé en cascade sur une partie du réseau interconnecté de l’Est. Le directeur de l’information et de la communication du ministère, Khalil Hedna, a par ailleurs précisé que les perturbations enregistrées ailleurs dans le pays, notamment au Centre, n’étaient pas liées à l’incident de Biskra mais à des surcharges locales distinctes, provoquées par la même canicule.
Face à l’ampleur de la panne, le Premier ministre Sifi Ghrieb s’est rendu, accompagné du ministre de l’Énergie et du conseiller à la communication de la présidence Kamel Sidi Saïd, au Centre de contrôle du réseau national d’électricité à Alger pour suivre les opérations de rétablissement. Le directeur général de Sonelgaz, Djelloul Reboudil, a lui aussi supervisé les interventions jusqu’au retour complet du courant. Le chef du gouvernement a salué la réactivité des équipes techniques, évoquant un centre de contrôle qui constitue une « fierté de l’industrie électrique algérienne » et présentant l’épisode comme une démonstration grandeur nature de la capacité des équipes nationales à gérer l’urgence.
La directrice de la communication de Sonelgaz, Fatima-Zohra Merzougui, avait anticipé dès juin une hausse de la demande estivale comprise entre 3,5 % et 7 % selon l’intensité des chaleurs, la consommation nationale pouvant doubler l’été par rapport à son niveau de croisière d’environ 10 000 MW. L’été 2025 avait déjà connu huit pics successifs, culminant à 20 628 MW, sans coupure généralisée — un précédent que le groupe avait présenté comme la preuve de sa modernisation, promettant de faire de 2026 « l’année de l’exportation ».
Le ministre avait par ailleurs annoncé fin 2025 la réhabilitation, à partir de 2026 et sur cinq ans, du système de télésurveillance SCADA du réseau, un chantier destiné à localiser plus précisément les pannes, mais dont le déploiement dans les grandes villes n’est pas encore achevé — l’incident de Sidi Okba en illustrant l’urgence.
G. Salima
