Un pas vers une meilleure prise en charge: Lancement du Registre national de l’AVC

Le Directeur général de l’Institut national de la santé publique (INSP), Pr Abderrezak Bouamra, a annoncé jeudi à Alger le lancement officiel du Registre national de l’accident vasculaire cérébral (AVC). Cet outil innovant vise à fournir des « données probantes » sur l’incidence de cette pathologie en Algérie et à orienter les politiques de santé publique.

« Première cause d’invalidité et deuxième cause de décès en Algérie, l’AVC constitue un véritable fléau sanitaire nécessitant des outils structurés basés sur des données fiables et actualisées », a souligné le Pr Bouamra lors d’une rencontre au siège de l’INSP.
En 2021, les AVC représentaient environ 18 % des décès totaux en Algérie, selon les estimations du ministère de la Santé. Leur incidence est en augmentation, avec plus de 80 000 nouveaux cas enregistrés chaque année. Ce chiffre est comparable à la tendance mondiale, où près de 15 millions de personnes sont victimes d’un AVC chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Parmi elles, environ 5 millions en meurent et un nombre équivalent restent lourdement handicapées.
Le registre national se positionne comme un « instrument de changement », selon le Pr Bouamra, en ce qu’il permettra de mieux cerner l’incidence nationale de cette pathologie, grâce à des données fiables ; d’identifier les facteurs de risque, qu’ils soient individuels (hypertension, diabète, tabagisme, etc.) ou collectifs (inégalités d’accès aux soins, sensibilisation insuffisante) ; d’améliorer la prise en charge des patients, en guidant les professionnels de santé dans l’application de traitements plus efficaces et d’orienter les politiques publiques, en priorisant les campagnes de prévention et le renforcement des infrastructures hospitalières.
Le registre, dont les premières données seront disponibles début janvier 2025, prendra comme point de départ les statistiques du CHU de Blida, désigné comme établissement de référence.
Pour sa part, la Pr Selma Kesraoui, neurologue au CHU de Blida, a souligné les défis rencontrés dans la gestion des AVC en Algérie. « La mauvaise connaissance des symptômes par certains praticiens et la population générale constitue un frein majeur », a-t-elle déploré. Elle a toutefois salué les progrès réalisés en matière d’équipements et de techniques de traitement. Les services hospitaliers se sont récemment dotés de technologies avancées, comme la thrombolyse et la thrombectomie mécanique, permettant d’améliorer considérablement les chances de survie et de récupération des patients.
Pour rappel, les principaux facteurs de risque identifiés incluent l’hypertension artérielle, le diabète, l’excès de cholestérol, le tabagisme et le stress. Ces facteurs sont souvent liés à des modes de vie peu conventionnels. Alors que l’hypertension artérielle est le principal facteur de risque des AVC, touchant environ 30 % des adultes dans le monde, en Algérie, cette prévalence atteint des sommets, affectant près de 35 % des personnes âgées de plus de 18 ans, selon une enquête de l’INSP.
T. Feriel

Bouton retour en haut de la page