Tribunal criminel d’appel: 10 ans pour CBV sur un enfant

Accusé initialement de tentative d’homicide volontaire avec préméditation, M. Slimane (37 ans) a finalement vu ses faits requalifiés. Le tribunal criminel d’appel l’a condamné, après délibérations, à dix ans de réclusion criminelle pour coups et blessures volontaires.
L’affaire remonte au 10 août 2023. Ce jour-là, le petit K.A. est admis en urgence au service pédiatrique du CHU d’Oran dans un état alarmant. Le constat médical est sans appel : le corps de l’enfant est criblé de traces de violences, les traumatismes les plus graves se situant au niveau de la tête. À son chevet, sa tante maternelle ne mâche pas ses mots : l’enfant a été la cible d’une tentative de meurtre. Le coupable ? Le concubin de la mère.
Le récit de la tante fait froid dans le dos. En se rendant au travail, elle croise sa sœur et le petit, très violenté. À sa question sur l’origine des lésions, la mère tente d’abord de plaider l’accident, évoquant une chute dans les escaliers. Mais la vérité sort de la bouche de l’enfant : c’est le « beau-père » qui a frappé. Tandis que la tante évacue d’urgence le petit vers l’hôpital, la mère, prise de panique, prend la fuite avant d’être rattrapée par les enquêteurs.
Passée aux aveux lors de l’enquête, la mère dépeindra une scène de pure barbarie. Selon ses dires, ce jour-là, son concubin s’est acharné sans raison sur son fils à coups de poings, allant jusqu’à le projeter violemment au sol à plusieurs reprises. « J’ai essayé de l’empêcher, mais je n’ai pas pu », s’est-elle défendue, précisant avoir confié l’enfant à sa sœur le lendemain avant de disparaître. Bilan pour le petit garçon : une incapacité totale de travail (ITT) de 60 jours.
À la barre du tribunal criminel, l’accusé a affirmé que tout a été orchestré par la mère par pure jalousie. « Nous vivions ensemble, mais quand j’ai voulu épouser une autre femme, elle a perdu tout contrôle et a frappé son propre enfant pour m’incriminer ».
C’était sans compter sur le témoignage poignant de la petite victime. Accompagné d’une psychologue du centre d’assistance à l’enfance, l’enfant a raconté, avec une précision glaçante, les sévices subis. Au président qui l’interrogeait sur une éventuelle culpabilité de sa mère, l’enfant a opposé un « niet » catégorique. Fixant son bourreau dans les yeux, il a maintenu ses accusations : « Il me donnait des coups de poing à la tête et me jetait par terre, puis m’a mis dehors. »
Devant la gravité des faits, le représentant du ministère public avait requis 15 ans de réclusion, fustigeant la cruauté de l’acte. La défense, de son côté, a tenté de discréditer la parole de l’enfant en pointant de prétendues contradictions.
Rappelons que la mère, poursuivie pour complicité, avait déjà été condamnée en première instance à trois ans de prison ferme.
Zemmouri L.

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