Tribunal criminel d’appel: Des faussaires lourdement condamnés
Après un premier report, le tribunal criminel d’appel a rendu son verdict dans l’affaire des fausses ordonnances et du trafic de documents administratifs. Le principal accusé a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle. Ses complices directs ont écopé de peines allant de trois à quatre ans de prison ferme, tandis que quatre autres prévenus ont été acquittés.
L’affaire remonte au 19 février 2019. Lors d’un contrôle routier à Hassi Benokba, les gendarmes interceptent une Chevrolet conduite par M. Med. La fouille du véhicule se révèle fructueuse : les gendarmes découvrent deux ordonnances falsifiées au nom d’un orthopédiste, ainsi qu’une troisième, non datée, prescrivant des neuroleptiques. Les enquêteurs saisissent également des photocopies de pièces d’identité et une liste de médicaments psychotropes. La perquisition au domicile du suspect permet de mettre la main sur le matériel informatique servant à la confection des faux.
L’instruction a mis au jour un véritable réseau spécialisé dans la falsification de dossiers administratifs. Contre rémunération — parfois pour seulement 1 500 DA — M. Med avait « blanchi » des casiers judiciaires (B3) pour certains repris de justice en quête d’emploi, et a même fabriqué des attestations de travail et des diplômes de conducteurs d’engins, comme pour les nommés C. M. et B. Y.
Devant la cour, le principal prévenu a reconnu l’intégralité des faits. Ses complices, quant à eux, ont tenté de minimiser leur rôle en se renvoyant mutuellement la responsabilité. Le ministère public, soulignant la gravité de ces atteintes à l’administration publique, avait requis des peines allant de 10 à 15 ans de réclusion.
Zemmouri L.
