Violences faites aux femmes: Des mécanismes de défense en place

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, célébrée ce mardi 25 novembre à Alger, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine, Soraya Mouloudji, a présidé une cérémonie officielle aux côtés du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boujemaa.
L’événement, placé sous le slogan « Le respect mutuel, un comportement civilisé et humain », a donné lieu à une série d’annonces visant à renforcer la protection des femmes dans le pays.
Dans son intervention, Mme Mouloudji a souligné que cette journée constitue « un moment fort pour réaffirmer l’engagement de l’État à promouvoir les valeurs constitutionnelles d’égalité et de justice ». Elle a insisté sur la nécessité de « garantir aux femmes un environnement sûr », en luttant contre les pratiques qui portent atteinte à leur dignité ou entravent leur participation au développement national.
La ministre a rappelé les directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en matière de lutte contre la violence, détaillant les dispositifs déjà mis en place : la ligne verte 1026, les guides institutionnels consacrés aux victimes, l’autonomisation économique ou encore la protection juridique, sans oublier les plateformes numériques Sanadakoum et Himayati destinées à l’orientation et l’accompagnement.
Elle a également annoncé le lancement d’une campagne nationale de 16 jours de sensibilisation, destinée à faire connaître les mécanismes de prévention et les droits garantis aux femmes.
De son côté, le ministre de la Justice, Lotfi Boujemaa, a présenté les nouvelles dispositions du projet de loi de procédure pénale, incluant une meilleure protection des victimes et un système informatique national dédié aux statistiques sur les violences faites aux femmes. Il a rappelé que le Code pénal algérien criminalise toutes les formes de violence, qu’elles soient physiques, verbales, psychologiques ou économiques.
Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Massaouden, représenté par le chef de cabinet, a mis en garde contre les conséquences graves de la violence sur la santé des femmes et souligné l’importance de la formation des professionnels pour améliorer la prise en charge des victimes.
Mobilisation générale
Enfin, le représentant du ministère des Affaires religieuses, Mohamed Azzoug, a affirmé que son secteur mobilise les conseils scientifiques et les prêches pour promouvoir la tolérance et condamner la violence à l’égard des femmes, conformément aux valeurs religieuses.
À l’occasion de cette Journée, Mme Samia Oulmane, Directrice centrale au ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine, a rappelé, aux micros de la Chaïne 3 de la Radio nationale, les dispositifs mis en place pour soutenir les victimes. Parmi eux, les centres d’accueil et d’écoute dans toutes les wilayas, ainsi que trois centres nationaux de prise en charge situés à Annaba, Tipaza et Mostaganem.
Selon les données des associations et observatoires, 48 féminicides ont été enregistrés en Algérie en 2024, portant à 315 le nombre de femmes tuées entre 2019 et 2024. Ces crimes sont majoritairement commis par des proches ou des membres de la famille. Ces chiffres rappellent l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention et de protection.
Une enquête conduite par l’Institut national de santé publique (INSP) a révélé une augmentation notable des violences faites aux femmes dans plusieurs wilayas du pays entre 2022 et 2023. Le système permanent de collecte, mis en place dans les hôpitaux d’Alger, Oran, Blida, Médéa et El Oued, montre que les déclarations ont presque doublé en un an : 2 229 cas recensés en 2022, contre 4 004 en 2023.
À l’échelle internationale, les rapports de l’ONU et de l’OMS révèlent que près d’une femme sur trois dans le monde (environ 840 millions) a subi des violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie. En 2024, 83.000 femmes ont été tuées intentionnellement, dont 50.000 par un partenaire intime ou un membre de leur famille, soit une toutes les dix minutes. Ces données montrent que la violence contre les femmes demeure l’une des crises de droits humains les plus anciennes et les plus répandues.
Mme Oulmane a également mis en avant la plateforme Himayati, lancée le 2 septembre 2025, qui offre une prise en charge totale des femmes victimes de toutes formes de violence. Elle a souligné que le ministère œuvre tout au long de l’année pour rapprocher les femmes de ses services, en combinant prévention, accompagnement et autonomisation.
T. Feriel
