Tribunal d’appel : Dix ans de réclusion pour trois narcotrafiquants

Deux frères, A.B. H’mida et Ghalem, ainsi que leur complice M. Zerrouki, ont été condamnés à dix ans de réclusion, jeudi dernier, par le tribunal criminel d’Oran, pour trafic de stupéfiants en bande criminelle organisée et blanchiment d’argent. Les prévenus Ch. Mustapha, M. Mourad et M. Kheireddine, quant à eux, ont écopé de peines de cinq à six ans de réclusion. En revanche, Ch. Rachid et G. Amir, ont été acquittés.
Il est utile de rappeler qu’en première instance, les accusés avaient été condamnés à des peines de huit et dix ans de prison. Par ailleurs, la prison à perpétuité a été prononcée par contumace contre M. Mohamed Amine, alias «Hamdid», actuellement en fuite.
Les faits remontent au 7 mars 2023, lorsque des informations parvenues aux éléments de la sûreté de wilaya d’Oran ont mis en cause les deux frères précités. Selon les renseignements recueillis, H’mida et Ghalem étaient actifs dans un réseau organisé de trafic de stupéfiants aux Planteurs, et impliqués également dans l’organisation de voyages clandestins.
Une enquête a alors été ouverte par les services spécialisés. Une fois les suspects localisés, une perquisition a été effectuée à leur domicile qui a permis la saisie de 740 comprimés d’ecstasy, un flacon d’anesthésiant, une balance contenant des résidus d’une poudre blanche suspecte, ainsi que 30,5 millions de centimes, un fusil de chasse sous-marine et une épée.
Une autre perquisition au domicile de M. Mourad, complice présumé, a permis la saisie de 3 comprimés d’ecstasy, 4 comprimés de prégabaline et une bombe de gaz lacrymogène. Chez M. Zerrouki, les policiers ont découvert un pistolet et 7 balles.
Lors de son interrogatoire, A.B. H’mida a reconnu son implication dans le trafic qui avait commencé trois ans plus tôt. Il a affirmé travailler avec Ch. Mustapha et M. Mourad, précisant qu’il percevait entre 20.000 et 40.000 dinars par opération. Il a également révélé que M. Mohamed Amine, actuellement en fuite, leur envoyait les psychotropes par mer depuis l’Espagne, en marge de ses activités liées à l’émigration clandestine.
Il a ajouté qu’un certain Zoheir, alias «Echelfi», lui remettait régulièrement les psychotropes ainsi qu’un carnet contenant les noms des clients. Les autres prévenus ont nié toute implication dans le trafic, mais ont été contredits par les preuves matérielles.
Devant le tribunal d’appel, le principal accusé a réaffirmé travailler pour le compte d’«Echelfi», tout en niant que les psychotropes soient acheminés via les embarcations de harraga. Il a expliqué que chaque complice avait un rôle précis dans l’organisation, reconnaissant que les armes blanches saisies lui appartenaient. Les autres mis en cause -à l’exception des deux acquittés- ont déclaré avoir agi sur ses instructions.
Le représentant du ministère public a requis à l’encontre des accusés 20 ans de réclusion criminelle alors que la défense a plaidé les circonstances atténuantes.
Zemmouri L.
