Aïn El Türck : La mafia du transport asphyxie les habitants
Cette année, l’État a frappé fort contre la mafia des parasols sur les plages. Résultat : plus de parasols imposés à prix d’or, plus de «zone privée» sur le sable. Mais à quelques kilomètres de là, un autre fléau continue de pourrir la vie des habitants et travailleurs : la mafia du transport vers Aïn El Türck.
A la station terminus d’Oran, l’après-midi, la scène est devenue familière. Les taxis officiels disparaissent comme par magie. Quand il en reste, beaucoup refusent de partir sans augmenter le tarif : 250 dinars au lieu des 100 réglementaires. Les taxis clandestins, eux, assurent la liaison… mais à des prix encore plus prohibitifs, profitant du désespoir des voyageurs. Même scénario pour les bus : certains chauffeurs gonflent le prix à 50 dinars au lieu de 40, d’autres refusent carrément de prendre les passagers pour Aïn El Türck, préférant filer directement vers les Andalouses, plus lucratives.
Yasmine, employée, vit ce calvaire tous les soirs. A 17 h, après des heures de travail debout, elle arrive à la station, espérant trouver un taxi pour rentrer chez elle. «Parfois, j’attends plus d’une heure. Les chauffeurs me disent qu’ils ne partent pas, ou qu’il faut payer le double. Je n’ai pas le choix : soit je paye, soit je reste là», raconte-t-elle, debout au milieu d’une foule fatiguée, sans même un banc pour s’asseoir. Et ce ne sont pas que les vacanciers qui subissent. Derrière ces visages épuisés, il y a des familles entières, des travailleurs, des étudiants, des retraités… tous simplement désireux de rentrer chez eux. Mais chaque été, c’est le même scénario. Le problème est connu depuis des années, et malgré les promesses, rien ne change.
La situation révèle un vide criant : absence de stratégie, manque de contrôle, et impunité totale pour ceux qui dictent leurs lois aux usagers. Résultat : les habitants d’Aïn El Türck et des environs payent le prix fort, dans tous les sens du terme. Un vrai calvaire qui dure depuis bien trop longtemps.
Khaled Boudaoui
