Justice : Un ex-militaire devant la Cour d’appel
Condamné en première instance par le tribunal criminel d’Oran à six ans de prison ferme pour escroquerie, faux et usage de faux, ainsi que blanchiment d’argent, un ancien militaire à la retraite a comparu récemment devant la cour d’appel.
Selon les éléments de l’enquête, S. Mohamed était poursuivi pour avoir abusé de la confiance de plusieurs victimes en leur faisant miroiter la possibilité d’acquérir un logement, en contrepartie de sommes d’argent. Une fois les fonds en sa possession, il disparaissait tout simplement sans honorer ses promesses. Alertées par les victimes, une enquête a été ouverte, le suspect identifié et un mandat d’arrêt a été lancé à son encontre.
A la barre de la cour d’appel, S. Mohamed a été confronté à l’ensemble des accusations portées contre lui. Il a nié toute implication dans des faits d’escroquerie et de blanchiment d’argent, affirmant que les 206 millions de centimes retrouvés en sa possession appartiennent en réalité à son fils. Toutefois, il a reconnu avoir falsifié une carte d’identité nationale ainsi qu’un permis de conduire, sans pour autant fournir d’explications convaincantes quant aux raisons de ces actes.
Il a également admis détenir une bombe lacrymogène, expliquant qu’elle lui servait à se défendre lors de ses déplacements. Ces justifications n’ont manifestement pas convaincu le président de la Cour, qui a insisté sur la nécessité de clarifier les motifs ayant conduit à la falsification des documents officiels. Mais malgré son insistance, l’accusé n’a pas fourni d’explications convaincantes.
Malgré l’absence remarquée de la victime principale lors de l’audience, sa plainte demeure un élément central du dossier. Dans ses déclarations formelles consignées au dossier d’instruction, et qui ont été rappelées, elle affirme de manière catégorique que l’accusé lui avait garanti une aide effective et personnalisée pour l’obtention d’un logement, en échange d’une somme d’argent remise de bonne foi. Cette promesse, présentée comme crédible et urgente, aurait été appuyée par des documents falsifiés visant à renforcer l’illusion de légitimité de la démarche. La victime, aujourd’hui en difficulté, soutient avoir été délibérément trompée et flouée par une personne se prévalant de son statut d’ancien militaire pour inspirer confiance.
Le procureur, soulignant la gravité des faits, d’autant plus qu’ils émanent d’un ancien représentant de l’État, a requis un durcissement de la peine initiale. De son côté, la défense du prévenu a plaidé des circonstances atténuantes pour les faits de faux documents et a demandé l’acquittement pour les autres chefs d’accusation, que son client conteste fermement.
L’affaire a été mise en délibéré. Le verdict sera rendu à une date ultérieure.
Zemmouri L.
