Vers un pôle pharmaceutique continental

Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Massaoudene, a plaidé jeudi pour une coordination renforcée entre les pays africains afin de transformer le continent en un véritable pôle pharmaceutique mondial. Il s’exprimait à l’ouverture de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments et de technologies de santé.
Selon le ministre, l’Afrique dispose des ressources humaines, scientifiques et économiques nécessaires pour atteindre la souveraineté pharmaceutique. Toutefois, cette ambition demande « une coordination étroite » entre États, un renforcement des mécanismes régionaux de coopération et la création de centres de production à dimension continentale.
La crise sanitaire mondiale a mis en évidence la fragilité des chaînes d’approvisionnement et la dépendance excessive aux importations. Pour M. Aït Massaoudene, la production locale n’est plus un simple choix industriel, mais « un pilier de la sécurité sanitaire, du développement économique et de la stabilité sociale ». Produire des médicaments localement permettrait d’assurer l’accès aux traitements essentiels, de limiter les ruptures d’approvisionnement et de lutter contre la circulation de produits contrefaits.
Le ministre a également souligné la nécessité d’instaurer un cadre réglementaire moderne et harmonisé, conforme aux normes internationales. Il a appelé à simplifier les formalités d’enregistrement des produits pharmaceutiques, renforcer les agences nationales de contrôle, et veiller à la qualité des médicaments produits. L’harmonisation réglementaire au niveau africain est, selon lui, un levier essentiel pour encourager la production locale et faciliter la libre circulation des médicaments entre États.
Au-delà de la production, l’accent doit être mis sur la recherche, la biotechnologie, les technologies de santé et l’innovation. Le ministre a invité à développer des partenariats industriels solides, à promouvoir les partenariats public-privé, et à créer des zones industrielles spécialisées dans le domaine pharmaceutique. Il a aussi insisté sur l’importance de la formation et de la qualification des ressources humaines, condition indispensable pour garantir la qualité, attirer les investisseurs et pérenniser les capacités de production.
À l’issue de son allocution, M. Aït Massaoudene a réaffirmé l’engagement constant de l’Algérie à contribuer activement à cette dynamique continentale. « Nous sommes prêts à partager notre expertise, renforcer nos capacités nationales et participer aux initiatives régionales visant une Afrique plus autonome, innovante et résiliente », a-t-il déclaré.
M.S
