Sécurité sanitaire de l’Afrique :Tebboune insiste sur les médicaments « locaux »

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a insisté jeudi sur la nécessité de renforcer les capacités de l’Afrique dans le domaine pharmaceutique, en particulier par la production locale de médicaments, afin d’assurer la sécurité sanitaire du continent.

Une déclaration rapportée dans une allocution prononcée en son nom par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, lors de l’ouverture de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments et des technologies de santé, organisée au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal.
Le Président a dénoncé la dépendance quasi-totale du continent vis-à-vis des importations pour ses besoins sanitaires, estimant qu’il est « inconcevable que l’Afrique, riche en ressources et en compétences, continue à importer la majorité de ses médicaments et vaccins ». Il a souligné l’urgence de développer une production locale couvrant les médicaments essentiels, les vaccins, les dispositifs médicaux et les matières premières.
Selon lui, cette démarche constitue une priorité souveraine pour préserver la santé des populations face aux mutations mondiales et aux pressions géostratégiques qui fragilisent les chaînes de financement et d’approvisionnement.
M. Tebboune a réaffirmé l’attachement de l’Algérie aux principes de solidarité africaine et d’intégration régionale, dans la perspective de bâtir un continent fort, souverain et uni. Il a indiqué que cette conférence, inscrite dans la Vision 2063 de l’Union africaine, contribuera à la mise en œuvre de la Stratégie africaine pour les industries pharmaceutiques, visant à répondre aux besoins des peuples africains en médicaments et technologies de santé.
Il a exprimé le souhait que la rencontre débouche sur une Déclaration d’Alger, véritable charte pour renforcer la coopération africaine et établir des partenariats concrets garantissant aux peuples le droit à la santé, aux médicaments et au développement.
Le président a rappelé que le choix de l’Algérie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) repose sur ses avancées dans le secteur pharmaceutique. L’Algérie détient en effet plus d’un tiers des établissements pharmaceutiques du continent, avec près de 230 usines sur les 649 existantes, en plus de nouveaux projets en cours.
Enfin, il a souligné que l’Algérie a fait de l’industrie pharmaceutique un secteur stratégique et une priorité nationale depuis 2020, en créant un ministère dédié et en lançant des réformes structurelles : modernisation du cadre réglementaire, facilitation de l’investissement, encouragement des partenariats et soutien à la recherche. Ces efforts ont permis d’atteindre un taux de couverture nationale de plus de 80 % en médicaments produits localement, tout en développant les exportations vers les marchés africains.
T. Feriel

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