Souscription aux Sukuk souverains: Les experts en parlent

Le lancement officiel de la souscription aux Sukuk souverains en Algérie marque une étape décisive dans la consolidation du système de financement participatif. Considérés comme un instrument complémentaire de la finance islamique, ces titres visent à mobiliser l’épargne nationale pour soutenir les projets de développement.
Lors d’une conférence consacrée à l’assurance Takaful, plusieurs experts ont souligné l’importance des Sukuk souverains dans le développement de la finance islamique. Ils ont expliqué que ce mécanisme permettra de canaliser les capitaux vers le financement des infrastructures et contribuera à diversifier les sources de financement de l’économie nationale.
Le Trésor public avait annoncé, la veille, le lancement officiel de l’opération de souscription aux Sukuk souverains « Ijara Usufruit », destinée à renforcer le marché financier national et à promouvoir la finance islamique en Algérie. La souscription est ouverte aux particuliers comme aux entreprises, via les banques, les compagnies d’assurances et le Trésor public.
L’expert en finance islamique et membre du Haut conseil islamique (HCI), Mohamed Boudjellal, a insisté sur le rôle de ces instruments dans la mobilisation des ressources financières destinées à l’investissement, en garantissant une captation des capitaux conforme aux principes de la charia.
Son collègue, Abderrahmane Senouci, a pour sa part rappelé que de nombreux pays ont déjà financé des projets d’envergure, tels que des aéroports et des ouvrages d’art, grâce aux Sukuk, démontrant ainsi leur efficacité dans le soutien au développement à long terme et dans l’apport de liquidités au Trésor public.
Les intervenants ont également mis en avant la contribution de l’assurance Takaful, qui offre une protection financière supplémentaire et renforce les valeurs de solidarité et d’entraide. Selon eux, ce modèle favorise l’inclusion financière et encourage la création de produits d’assurance innovants.
Le directeur général de la Générale assurance méditerranéenne (GAM), Ahmed Hadj Mahammed, a précisé que l’assurance Takaful ne doit pas être perçue comme un simple substitut à l’assurance classique, mais comme un modèle intégré fondé sur la justice, la solidarité et le partage des risques, des principes profondément ancrés dans la société algérienne. Il a ajouté que cette phase représente une opportunité pour développer des produits adaptés aux besoins du marché national, renforcer l’inclusion financière et consolider la culture de solidarité.
Par ailleurs, le Trésor public a annoncé que le montant cible de la première opération d’émission de Sukuk souverains en Algérie, dont la souscription a débuté mardi, s’élève à 296,650 milliards de dinars. Ces ressources seront destinées au financement de projets publics d’envergure, notamment dans les domaines des infrastructures, des équipements et des services.
Destinée aux particuliers et aux institutions, l’opération bénéficie du certificat de conformité délivré par l’Autorité charaïque nationale de la fatwa pour l’industrie de la finance islamique relevant du Haut Conseil islamique. La valeur nominale des titres est fixée à 100.000 DA et 1.000.000 DA, pour une durée de maturité de sept ans. La période de souscription est de deux mois ou jusqu’à l’atteinte du montant cible. Les investisseurs bénéficieront d’un rendement annuel net de 6 %, supérieur aux produits d’épargne traditionnels, avec en plus une exonération fiscale et une conformité totale aux règles de la charia islamique.
M. Salah
