Trafic d’ecstasy et de cocaïne : 7 à 16 ans de prison pour cinq accusés
Le tribunal criminel de deuxième instance de la Cour d’Oran a rendu son verdict dans une importante affaire de trafic de stupéfiants. Impliquant de la cocaïne et des milliers de comprimés d’extasy, ce dossier, examiné en appel, s’est soldé par de lourdes peines de prison contre les principaux accusés.
Sur les huit individus impliqués dans ce réseau de narcotrafic, cinq — dont une jeune femme — ont comparu à la barre. À l’issue des délibérations, le tribunal a prononcé des peines oscillant entre sept ans de prison et 16 ans de réclusion criminelle, tandis que la perpétuité par défaut a été retenue contre trois autres complices toujours en cavale.
Dans le détail des condamnations, le principal accusé, B.Y., ainsi que son complice direct, N.S., ont écopé de la peine la plus lourde. Le frère de ce dernier, N.M., ainsi que le transporteur de la marchandise, L.Y., ont quant à eux été condamnés à 12 ans de réclusion. Enfin, la dénommée B.N., compagne de B.Y., s’est vue infliger sept années de prison ferme.
Les faits de cette affaire remontent au 14 septembre 2023. A minuit passé, un véhicule de marque Peugeot, circulant en direction d’Oran, a été intercepté lors d’un contrôle de routine au niveau du barrage fixe de la gendarmerie nationale, à proximité d’Oued Rhiou. Le comportement suspect du conducteur, L.Y., a poussé les éléments de la brigade à passer le véhicule au peigne fin. Une fouille minutieuse qui a rapidement porté ses fruits, menant à la découverte et à la saisie d’un premier lot de 977 comprimés d’ecstasy.
Soumis à un interrogatoire par les enquêteurs, le convoyeur n’a pas tardé à passer aux aveux, déballant les rouages de l’opération et désignant le dénommé B.Y. comme le véritable donneur d’ordre et propriétaire de la cargaison d’ecstasy.
Effet domino
Munis d’un mandat de perquisition, les services de sécurité ont immédiatement ciblé le domicile de B.Y. Sur place, les forces de l’ordre ont ainsi mis la main sur 2,6 kilogrammes de cocaïne pure ainsi que 13 869 comprimés d’ecstasy de couleur rose, 694 comprimés bleus, 30 comprimés de Prégabaline (Lyrica), un comprimé de Kityl, ainsi que 16 autres comprimés répartis entre le Votryx et le Rivotril.
Outre cette impressionnante marchandise prohibée, la perquisition a permis de saisir 390 millions de centimes et 830 euros. Selon les éléments de l’enquête, ces fonds provenaient directement des bénéfices générés par l’écoulement de ces substances toxiques.
Les révélations successives des deux premiers suspects arrêtés ont déclenché un effet domino, permettant d’identifier et d’interpeller le reste de la bande.
Appelés à la barre du tribunal criminel, les accusés ont adopté des lignes de défense divergentes. Le transporteur, L.Y., a pleinement reconnu son rôle de passeur, réitérant qu’il convoyait la drogue pour le compte exclusif de B.Y. Ce dernier a, pour sa part, admis son implication en tant que « gardien » du stock. Il a affirmé que sa mission consistait uniquement à entreposer la drogue sous les directives directes des deux frères N.S. et N.M., ainsi que des trois individus en fuite. Dans sa déposition, B.Y. a tenté de dédouaner totalement sa jeune compagne, assurant qu’elle n’avait rien à voir avec ses activités illicites.
À son tour, la jeune femme a clamé son innocence, expliquant qu’elle ignorait tout des activités criminelles de son compagnon malgré leur vie commune. Quant aux deux frères, ils ont choisi de nier en bloc l’ensemble des chefs d’inculpation retenus contre eux, tentant de se détacher des déclarations à charge de leurs coaccusés.
Le représentant du ministère public a réclamé la perpétuité pour l’ensemble des mis en cause.
Zemmouri L.
