Scénario fou à Kansas City : Cap sur la Suisse

Au terme d’un scénario complètement fou, l’Algérie a décroché sa qualification pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Accrochés par l’Autriche (3-3), les Verts terminent troisièmes du groupe J et poursuivent leur aventure mondiale parmi les meilleurs troisièmes. Ils affronteront désormais la Suisse, tandis que l’Autriche défiera l’Espagne.
Vladimir Petkovic avait créé la surprise en titularisant Oussama Benbot à la place de Luca Zidane. Un choix qui n’allait toutefois pas apporter la sérénité espérée. Longtemps fermée, la première période s’animait progressivement. Ibrahim Maza obligeait Alexander Schlager à une première intervention avant que l’Autriche ne prenne les devants. Lancé dans la profondeur, Marko Arnautovic ajustait Benbot d’un subtil ballon piqué pour ouvrir le score (27e), un but qui éliminait alors provisoirement l’Algérie.
Les Verts réagissaient sans tarder. Rafik Belghali passait tout près de l’égalisation, Ibrahim Maza multipliait les initiatives, tandis que Farès Chaïbi voyait sa superbe frappe s’écraser sur le poteau. Les efforts algériens étaient finalement récompensés juste avant la pause. Sur un long ballon resté miraculeusement en jeu après avoir heurté le poteau de corner, Riyad Mahrez récupérait le cuir côté droit. Le ballon profitait ensuite à Belghali, auteur d’un superbe slalom conclu par une frappe dans la lucarne (45e).
Au retour des vestiaires, l’Autriche reprenait l’avantage grâce à Marcel Sabitzer, parfaitement servi en retrait par Konrad Laimer (55e).
Mais l’Algérie ne mettait que cinq minutes à répondre. Houssem Aouar éliminait son vis-à-vis avant d’offrir un caviar à Mahrez, qui ajustait Schlager sans trembler pour égaliser (60e).
La fin de rencontre allait basculer dans la folie. Petkovic renforçait son arrière-garde avec les entrées de Zineddine Belaïd, Samir Chergui et Rayan Aït-Nouri. L’Algérie gardait la maîtrise du ballon sans réellement trouver la faille, jusqu’à cette inspiration d’Aouar dans le temps additionnel. Le milieu de terrain servait parfaitement Mahrez, qui croyait offrir la victoire et la deuxième place aux siens d’une frappe précise (90e+3). Mais l’Autriche refusait de céder. Trois minutes plus tard, Saša Kalajdžić surgissait de la tête pour arracher le nul et préserver la qualification de l’Autriche (90e+6).
Ce match restera aussi comme celui du grand retour de Mahrez. Le capitaine des Verts a porté l’équipe nationale dans les moments les plus difficiles. Impliqué sur le premier but avant de signer un doublé, il est devenu le premier joueur algérien à inscrire 11 buts dans les grandes compétitions internationales, avec neuf réalisations en Coupe d’Afrique des nations et deux en Coupe du monde. À 35 ans et quatre mois, il devient également le deuxième joueur africain le plus âgé à réussir un doublé dans un Mondial, derrière Roger Milla.
Si Mahrez a été décisif, Maza a une nouvelle fois confirmé tout son potentiel. Omniprésent entre les lignes, le jeune milieu n’a cessé de provoquer, d’éliminer ses adversaires et de créer des décalages. Sans inscrire de but ni délivrer de passe décisive, il termine la phase de groupes comme le meilleur dribbleur de la compétition avec 13 dribbles réussis, devant Kang-in Lee, Lamine Yamal et Jamal Musiala. Ses huit tentatives au but illustrent également son influence dans l’animation offensive des Verts.
Chaïbi poursuit lui aussi son excellente Coupe du monde. Très actif dans l’entrejeu, précieux à la récupération comme dans la projection, il n’a été privé d’un but que par le poteau. Aouar, de son côté, a livré l’une de ses meilleures prestations sous le maillot national.
Tout n’a cependant pas été parfait. Pour sa première titularisation dans ce Mondial, Benbot n’a pas rassuré dans les cages. Devant lui, Mandi et Bensebaïni ont encore connu des difficultés, tandis que Hadjam a perdu en influence après une entame prometteuse. En attaque enfin, Amine Gouiri est resté trop discret.
Dans la souffrance, parfois dans le chaos, mais avec beaucoup de caractère, les Verts ont décroché l’essentiel. Portée par un Mahrez des grands soirs, l’Algérie poursuit son aventure mondiale.
Djamel Hamdan