Environnement : «Les Samedis écologiques» ont le vent en poupe

Chaque samedi, la wilaya d’Oran se réveille avec une mission bien précise : rendre à la ville un peu de ce qu’elle donne à ses habitants. Baptisée « Samedi écologique », cette initiative environnementale hebdomadaire est devenue, en quelques mois, l’un des leviers les plus visibles de la lutte contre la dégradation du cadre de vie urbain.
Lancée à l’initiative des services de la wilaya, sous la supervision directe de la cellule de protection de l’environnement et du cadre de vie relevant du cabinet du wali d’Oran, l’opération mobilise un dispositif conséquent. Directions exécutives, collectivités locales, associations environnementales et simples citoyens se retrouvent sur le terrain pour des opérations de nettoyage de quartiers, de désencombrement des axes routiers et de plantation d’arbres.
Selon les données communiquées aux médias, des centaines de tonnes de déchets solides et ménagers ont déjà été enlevées depuis le lancement de l’opération. Plusieurs points noirs, longtemps décriés par les riverains, ont été progressivement éliminés, notamment à proximité des zones urbaines sensibles et des grands axes de circulation.
Au-delà des chiffres, l’impact est aussi visuel : trottoirs dégagés, terrains vagues nettoyés, espaces verts réhabilités. Les campagnes de plantation d’arbres accompagnant ces actions traduisent une volonté claire de reverdir durablement la ville et de renforcer son équilibre écologique.
L’un des aspects les plus marquants du «Samedi écologique» reste la mobilisation de la société civile, en particulier des jeunes. Associations de quartiers, bénévoles, étudiants et scouts participent activement aux opérations, contribuant à installer une culture écologique citoyenne encore trop fragile dans certaines zones urbaines.
Karim Tedjani, ingénieur agronome et consultant indépendant en développement durable, souligne l’importance de cette dynamique. Dans un témoignage rapporté par Algérie Presse, il explique que «ce type d’initiative locale est essentiel, car il reconnecte le citoyen à son territoire. La protection de l’environnement ne peut pas être uniquement institutionnelle. Elle doit être vécue, répétée et intégrée dans les habitudes. Nettoyer un quartier, planter un arbre, c’est aussi apprendre à respecter l’eau, le sol et les ressources naturelles dans leur globalité»
Changer les comportements
Si le « Samedi écologique » agit à l’échelle locale, il renvoie à des problématiques nationales bien plus larges, notamment celle de la gestion durable de l’eau. La propreté des villes, la perméabilité des sols, la végétalisation des espaces urbains sont directement liées à la préservation des nappes phréatiques et à la lutte contre le stress hydrique.
Comme le rappellent plusieurs experts, dont Karim Tedjani, il n’existe pas une seule réalité environnementale en Algérie, mais une mosaïque de territoires aux contraintes spécifiques. À Oran, le « Samedi écologique » s’inscrit ainsi dans une logique plus globale : changer les comportements avant de multiplier les infrastructures. Sensibiliser les citoyens à la propreté, à la gestion des déchets et à la protection des espaces verts, c’est aussi préparer le terrain à une sobriété environnementale devenue incontournable.
Cette démarche rejoint une conviction largement partagée par les spécialistes : la durabilité ne repose pas uniquement sur la technologie ou les grands projets, mais sur une éthique collective, où l’environnement est considéré comme un bien commun.
En s’imposant comme un rendez-vous hebdomadaire, le « Samedi écologique » dépasse le cadre de l’opération ponctuelle. Il devient un outil de transformation sociale, capable d’ancrer durablement des réflexes citoyens et écologiques.
O.A Nadir